Favre Laurent · Nationalrat · 2011-06-08
Favre Laurent · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-06-08
Wortprotokoll
Tout d'abord, je déclare mes liens d'intérêts: je préside l'association pour la promotion de l'énergie éolienne Suisse Eole.
La stratégie du groupe libéral-radical consiste en une offensive en matière de technologie propre, tout d'abord par la production électrique grâce aux énergies renouvelables: hydraulique, biomasse, éolien, solaire, géothermie. A noter que la géothermie profonde mérite que l'on investisse plus dans la recherche et dans le lancement de projets pilotes. Pour ce faire, nous déposons deux motions comme manifestation de notre volonté. En plus d'investir dans la production indigène d'électricité ou de chaleur, il est capital pour notre place d'innovation technologique d'investir plus dans la recherche sur les cleantech, qui offre des opportunités très importantes pour notre industrie. Nombreux sont aujourd'hui les ingénieurs travaillant avec succès dans le photovoltaïque, la géothermie, les piles à combustible, les motorisations hybrides et les autres technologies. Ce secteur économique mérite donc notre engagement en matière de recherche et de formation professionnelle.
Notre volonté de substituer les productions de Mühleberg et de Beznau à l'horizon 2020, cumulée à l'expiration des contrats de livraison d'énergie nucléaire français, impose le défi de produire et d'économiser une part de 17 térawattheures de courant. Voici un premier objectif ambitieux qu'il s'agira de ne pas sous-estimer vu les difficultés évidentes à réaliser des projets sur le terrain. Ainsi, nous constatons trop régulièrement des oppositions multiples et téméraires aux investissements dans l'hydraulique, dans les projets éoliens également, puisque les projets concernant 100 turbines sont actuellement stoppés par des oppositions de toutes natures, notamment de la part d'organisations de protection de la nature, justement. Et ces 100 turbines qui ne fonctionnent pas, c'est 0,4 térawattheure de production qui manque, soit l'équivalent de la consommation de 100 000 ménages environ.
Au niveau du photovoltaïque, les potentiels sont bien existants, mais les procédures d'autorisation restent effectivement trop lourdes. Il faut ainsi supprimer les demandes de permis pour l'installation de panneaux solaires sur les toits des immeubles possédés par des particuliers et pour l'assainissement des bâtiments.
De manière générale, il est indispensable d'accélérer les procédures d'autorisation imposées à la construction d'installations de production et de distribution d'électricité. Notre fédéralisme à trois niveaux provoque des situations kafkaïennes pour les investisseurs. Un guichet unique et des procédures uniformes permettraient un gain éminent en efficacité.
Finalement, il faut se rappeler que la production d'énergie indigène, même renouvelable, provoque des impacts locaux sur la nature et sur notre paysage, qui ne doivent pas être sous-estimés. Nous vivons dans un écrin naturel extraordinaire. Dès lors, seule une production d'énergie renouvelable qualitative et durable sera acceptée par nos citoyens qui aujourd'hui, il faut bien le constater, ont une attitude paradoxale dans leur refus politique de l'atome, du gaz, de l'éolien, de l'hydraulique, tout en profitant de la qualité de vie offerte par une société à 5000 watts. A bien des égards, ce défi relève de la quadrature du cercle.
Ainsi, même avec un engagement sans faille de notre part, un premier bilan technique, politique et populaire devra être réalisé de manière très pragmatique à l'horizon 2025.