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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2011-09-26

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2011-09-26

Wortprotokoll

Ce message est un instrument nouveau au service de la politique culturelle de la Confédération; il est au fond aussi au service des débats, au service des décisions politiques à prendre à ce sujet. Il faut être d'emblée clair: il ne s'agit pas du tout de cadrer la culture, bien évidemment pas. Bien au contraire, il s'agit de cadrer les activités de la Confédération; il s'agit de cadrer les ressources financières pour quatre ans. Mais la culture, elle, doit être libre comme l'air. Elle l'est dans ce pays, et elle le restera certainement très longtemps.

Nous avons décidé de lancer également avec ce message un nouveau dialogue confédéral en la matière. Donc on parlera beaucoup d'argent, bien sûr. Mais il y a plus que simplement de l'argent - même si vous estimerez que c'est insuffisant: il y a aussi un nouvel instrument, comme je l'ai dit, et une volonté de travailler davantage avec les villes et les cantons, qui sont leaders dans le domaine de la culture et qui font beaucoup plus d'efforts que la Confédération, également en termes financiers.

J'ai dit que l'instrument était nouveau. Il est nouveau en particulier sur deux points. Premièrement, il est nouveau sur l'étendue: le message fait en effet état, à quelques exceptions près, de l'ensemble des activités de la Confédération en matière culturelle, et c'est la première fois que vous avez ainsi un tel aperçu systématique de la politique culturelle et de la promotion culturelle fédérale. Deuxièmement, ce qui est aussi nouveau, c'est la durée: dorénavant, on a une vision sur quatre ans alors qu'auparavant, on n'avait que des discussions et une vision budgétaires, soit une vision sur une seule année.

Un tel instrument est évidemment une chance, mais aussi un défi. La chance, c'est la collaboration, la synergie entre les institutions culturelles de la Confédération en particulier. Mais c'est aussi le défi de mieux "prioriser" sur le plan financier les différents domaines culturels, ce qui fait parfois des heureux et ce qui provoque parfois aussi des grincements de dents. C'est aussi la chance d'avoir davantage de sécurité dans la planification, puisqu'on travaille sur quatre ans. Mais en même temps, c'est le défi de précisément mieux planifier, donc de définir à la fois la stratégie, les objectifs et les mesures pour les atteindre. Ceci dit, je vous l'ai dit, ce message culture est aussi une occasion de débat, et il est important de débattre de la place de la culture au sens large et en tant que telle, et non pas seulement lors du budget.

Il est important de relever l'importance sociale et économique de la culture. L'art en général, ce sont avant tout des émotions, des réactions. C'est évidemment aussi une excellente école pour apprendre à voir, à différencier, à éveiller l'attention; c'est l'occasion de réfléchir plutôt que de rejeter. A notre sens, dans cette période de la société Internet, où tout est immédiat, où nous vivons de manière globale et immédiate - si l'on peut dire -, il est important d'avoir ce recul. La dimension culturelle nous permet de susciter davantage de réflexion plutôt que de créer un sentiment de rejet trop rapide. La culture aiguise l'esprit critique pour autant que l'on veille à mettre systématiquement et constamment la liberté à la première place dans ce débat. Alors, l'encouragement de la culture par l'Etat fédéral contribue, dans ce sens-là - pour autant, je le répète, qu'on respecte la liberté -, par essence au développement démocratique de la collectivité.

Le rôle économique de la culture est également mis en évidence dans le message. Je n'y reviens pas dans le détail, si ce n'est pour juste évoquer un élément. La culture joue aussi un rôle important dans le choix du site d'implantation des entreprises, c'est particulièrement actuel. On parle beaucoup des facteurs d'implantation de l'économie et des emplois, on parle beaucoup de la place suisse chère avec son franc fort, etc. On parle de fiscalité, d'infrastructures de transport ou de main d'oeuvre spécialisée. Mais il y a aussi l'offre culturelle ou, par exemple, les espaces naturels qui gagnent aussi en importance. De nombreuses villes, grandes ou petites, se sont positionnées en tant que villes de culture, et cette stratégie a un effet très positif dans l'implantation d'entreprises, sur les personnes qui viennent y travailler et leur famille.

J'aimerais rappeler que notre débat permet de positionner la culture ainsi qu'un certain nombre d'objectifs fondamentaux. Je dirai que deux objectifs sont les piliers essentiels de la politique culturelle: ce sont des piliers simples mais solides, à savoir les piliers de la diversité culturelle et de l'accès à la culture.

Ces piliers doivent soutenir toute la politique culturelle. Il faut les garder à l'esprit, si je puis dire, pendant tout le débat, tout spécialement pour ce qui est de la diversité, lorsque nous arriverons à la discussion par article.

D'autres objectifs fondamentaux sont également prévus dans ce message. Il s'agit en particulier de promouvoir les échanges culturels, de renforcer la coopération. Et c'est en particulier par l'institution de ce nouveau dialogue national que nous y parviendrons. Le dialogue national réunira les cantons, les villes, les communes et la Confédération - je rappelle que les villes font la majeure partie de l'effort, puisqu'elles assument environ 85 pour cent des dépenses publiques pour la culture. De cette manière, nous pourrons discuter et coordonner ensemble notre activité. Ce dialogue national démarrera cet automne.

Nous voulons également - c'est le dernier objectif fondamental - créer de bonnes conditions générales pour les domaines de la fiscalité, du droit d'auteur et du droit des assurances sociales, pour que la Confédération puisse favoriser réellement une vie culturelle intense.

J'ajoute encore quelques mots sur les ressources financières. Vous l'avez dit, les ressources financières sont fixées à 637,9 millions de francs pour la période de quatre ans, à savoir de 2012 à 2015. Cela prend en compte l'ensemble des crédits des institutions culturelles fédérales et cela s'inscrit dans le cadre de la planification financière de la Confédération. Le Conseil fédéral a décidé de s'y tenir de manière stricte.

Le Conseil des Etats a accepté les projets du Conseil fédéral, mais il a décidé une augmentation sur deux points: le patrimoine culturel et l'aide au cinéma. Il a voté une troisième augmentation, pour Pro Helvetia, mais comme il a refusé, sur ce point, de lever le frein aux dépenses, cette augmentation n'est actuellement pas enregistrée.

La majorité de la commission est plus proche des projets du Conseil fédéral.

Nous vous remercions d'entrer en matière sur le message culture, de faire ainsi un progrès dans le domaine de la politique culturelle de la Confédération et de l'orienter vers l'essentiel, c'est-à-dire la liberté et la cohésion par le respect des différences et de la diversité.