Lexipedia

Hodgers Antonio · Nationalrat · 2011-09-28

Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2011-09-28

Wortprotokoll

A la lecture de la longue liste des interventions sur lesquelles nous sommes appelés aujourd'hui à voter, il est pour le moins particulier de constater que la plupart de ces propositions viennent des groupes ou des représentants des partis bourgeois, qui ont pourtant eux-mêmes adopté les lois qui sont en vigueur. Revenir sans cesse sur ses propres propositions est un sacré aveu d'échec! Mais, à la veille des élections, peut-être que l'intérêt de cette session spéciale est ailleurs.

Les Verts défendent une Suisse ouverte sur le monde, ce qui implique une politique migratoire libérale, axée sur les besoins économiques, sociaux, culturels et affectifs de la population suisse. En matière de migration économique - qui représente 98 pour cent des migrants -, la situation est relativement bonne, bien qu'il faille renforcer les mesures d'accompagnement. En effet, la forte croissance économique de ces dernières années a engendré une augmentation du solde net des migrants, ce qui entraîne à son tour une pénurie de logements, la saturation des infrastructures et une pression salariale dans certains secteurs. La question de la migration extra-européenne peu qualifiée continue d'être traitée avec une grande hypocrisie: la Suisse a besoin de cette main-d'oeuvre, mais elle fait comme si celle-ci n'existait pas. Le résultat est la création d'une catégorie de migrants sans papiers sur notre territoire, situation qui n'est satisfaisante ni pour ces migrants, ni pour notre pays.

Notre parti est extrêmement préoccupé par les attaques, du PLR et du PDC notamment, contre le regroupement familial: comment peut-on défendre la famille et empêcher qu'un enfant de dix ans puisse vivre auprès de la sienne? Comment peut-on prétendre que l'intégration d'un homme migrant sera meilleure si on l'empêche d'être rejoint par sa femme et ses enfants? Ces propositions sont non seulement choquantes du point de vue des droits fondamentaux, mais aussi totalement contre-productives pour l'intégration.

Les Verts préconisent une politique migratoire sur la base de quatre piliers. Le premier est la migration économique: notre pays a besoin de main-d'oeuvre étrangère pour faire tourner son économie.

Le deuxième pilier est le regroupement familial: la famille est à la base du fonctionnement de notre société. Cette assertion ne vaut pas que pour les citoyens suisses, mais elle est [PAGE 1709] valable dans le monde entier; un Etat ne peut pas séparer les parents de leurs enfants, c'est ignoble.

Le troisième pilier est l'asile: la Suisse, en tant que pays de migrations, en tant que pays riche, doit accepter sa part de réfugiés. Il ne s'agit pas d'accueillir tout le monde, il s'agit d'accueillir la juste part des réfugiés qui, de par le monde, ont besoin d'une terre d'asile et en recherchent une. Cet accueil doit évidemment être fait en lien avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Le quatrième pilier est l'intégration. Une fois que les migrants sont sur notre territoire, il est important de mettre rapidement en oeuvre une politique d'intégration afin que ces personnes acquièrent tous les outils nécessaires à leur bonne intégration économique, sociale et plus tard citoyenne. C'est à ces conditions que nous pourrons avoir une politique, une vie en commun, qui soit agréable tant pour les Suisses que pour les migrants.

C'est dans cet état d'esprit que le groupe des Verts acceptera certaines propositions et en rejettera d'autres.