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Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2011-12-08

Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-12-08

Wortprotokoll

Permettez-moi, en tant que future secrétaire générale de l'Association du personnel de la Confédération, d'intervenir au sujet de la proposition de la majorité de la commission de prévoir une coupe linéaire dans le budget prévu pour le personnel.

La majorité de droite voudrait économiser 330 millions de francs sur un budget total de 64,8 milliards de francs, surtout sur le dos des employés de la Confédération. Alors que les dépenses pour le personnel de la Confédération ne représentent que 8 pour cent du budget total, la majorité de la commission, et ceci contrairement à l'opinion du Conseil fédéral, souhaite faire porter la moitié de l'effort d'économies par le personnel. Cela correspond à une diminution de 3 pour cent selon la "méthode Kärcher", sans aucun égard pour le fait que les tâches du personnel deviennent de plus en plus complexes, tâches que le Parlement lui attribue par ailleurs.

Nous nous opposons à ce qui devient un rituel de la période des fêtes, puisque l'année dernière déjà, à la même époque, un groupe parlementaire avait tenté d'attaquer le personnel avec une proposition de réduction linéaire des charges de personnel de 2 pour cent, heureusement sans succès. Cette coupe linéaire est absurde, puisqu'elle conduirait le Parlement à violer ses propres règles. En effet, la Commission des finances puis le Parlement sont censés examiner le budget position par position.

Faut-il rappeler qu'il y a deux ans, vous aviez proposé une coupe linéaire de 1 pour cent touchant notamment l'armée, les douanes et l'environnement? Ce même Parlement a pourtant fait de la protection de la population et de l'environnement des priorités absolues.

Autre contradiction majeure: les mêmes qui ont demandé des crédits supplémentaires pour les gardes-frontière, qui ont fait des conférences de presse, voire déposé des initiatives parlementaires à ce sujet, proposent aujourd'hui ces coupes! Il ne suffit pas de hurler à l'insécurité, encore faut-il se donner les moyens de la combattre. Soyez un peu cohérents, Mesdames et Messieurs qui êtes à ma droite.

Il faut savoir que 3 pour cent de coupes linéaires correspondent à 6 à 7 pour cent de coupes réelles à partir de juin 2012. Cela signifie qu'aucun nouveau garde-frontière ne sera formé, qu'il manquera du personnel pour assumer des tâches dont le volume est pourtant croissant et que des [PAGE 1965] demandes de crédits supplémentaires surgiront durant l'année, j'en suis persuadée.

Je me permets également de vous rappeler que la plus forte augmentation de personnel pour l'année prochaine concerne l'armée, que vous souhaitez agrandir. Là aussi, où est la cohérence entre ce souhait et la présente proposition? Car un tiers du personnel de la Confédération travaille pour le DDPS et, par conséquent, ne s'emploie à rien de moins qu'à nous protéger et à garantir notre sécurité. Mais vous aurez sans doute oublié cet aspect.

Je vous rappelle enfin que l'évolution des dépenses du personnel est liée aux tâches que le Parlement attribue à la Confédération. Peut-être faudrait-il commencer à réfléchir au transfert des charges et vous souvenir que le Parlement a refusé, à l'unanimité, d'entrer en matière sur le programme de consolidation.

En dernier lieu, il faut rappeler que les mesures salariales pour 2012 ont fait l'objet, de la part des partenaires sociaux et de manière consensuelle, de négociations dures mais correctes entre la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf et toutes les associations du personnel de la Confédération. Le résultat convenable qui a été obtenu mérite d'être respecté, rien que pour honorer le partenariat social que vous louez toujours en d'autres occasions.

Mes collègues de la Commission des finances se sont abstenus sur le vote du budget. Le soutien du groupe socialiste dépendra fortement de la décision du Parlement, car il n'est pas certain qu'il accepte le budget avec des coupes insensées telles que celles proposées par une courte majorité de la commission.