Bugnon André · Nationalrat · 2011-12-22
Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-12-22
Wortprotokoll
Il y a bien douze ans que je n'ai plus fumé ni pipe, ni cigare. Heureusement, on n'en avale pas la fumée, mais je suis bien content de m'être débarrassé de ce vice. Il n'en reste pas moins que la fumée fait partie de l'être humain. Je ne pense pas que les singes, desquels nous descendons, fumaient, mais, depuis que les êtres humains ont commencé à exister, la fumée a aussi commencé à exister, en tout cas depuis l'apparition du feu. C'est une vieille habitude, un ancien vice, puisqu'on le considère comme un vice, mais je crois qu'il fait partie de l'être humain. Mais, comme dans toutes les mesures qu'on doit prendre concernant l'être humain, il y a certaines limites à ne pas dépasser. On doit respecter les uns et les autres.
En matière de prévention de la fumée, d'une façon générale et pour lutter contre la fumée passive, énormément de mesures ont quand même été prises ces vingt dernières années. Je me rappelle encore le temps où les gens allaient fumer au fond de l'avion, ce qui devait quand même être horrible pour les passagers qui étaient à cet endroit et qui ne fumaient pas! Dans le train, un Américain en vacances m'a demandé une fois à quoi servaient les parois en verre qui séparaient la moitié du wagon. J'ai dû lui expliquer qu'il y a eu une époque où il était permis de fumer dans une partie du wagon. Donc, énormément de mesures ont été prises et elles ont été nécessaires. Mais les gens se sont quand même habitués assez facilement. Et cela ne s'arrête pas au niveau de ce qui a été décrété par une législation.
Les comportements ont changé. Dans les familles, dans les milieux privés, je vois énormément de gens qui sortent, qui vont sur le balcon, qui vont à l'extérieur ou qui entrouvrent un peu la fenêtre pour fumer. C'est donc ancré dans la tête des gens que la personne qui fume doit faire attention à ceux qui ne fument pas.
Il faut continuer à travailler dans ce sens-là, à savoir faire de la prévention, dire que la fumée n'est pas ce qu'il y a de meilleur pour la santé de l'être humain, continuer à inculquer aux gens qu'il faut faire attention à ceux qui ne fument pas et qu'on n'a pas le droit de faire de la fumée en quantité inutile.
La législation que l'on a adoptée l'année passée va dans ce sens. Les mesures prises ont un effet positif. Je crois donc qu'il ne faut pas trop exagérer, comme l'a dit Monsieur Poggia tout à l'heure, en présentant une initiative qui est excessive. Je crois que cet acheminement ne va pas forcément s'arrêter là: on passe une étape et puis on va à l'étape suivante. Et quelle sera l'étape suivante? Ce sera l'interdiction totale de fumer, par exemple aussi dans les gares. Si vous prenez l'exemple des gares où tout le monde fume sur les quais et jette les mégots de cigarettes sur les voies avant de monter dans le train, là aussi on peut être importuné. On peut donc trouver encore mille endroits où la fumée importune. L'exemple le pire que j'ai vu, c'est en Nouvelle Ecosse où il est interdit de fumer dans les maisons et même jusqu'à 1,50 mètre des murs des maisons. Les trottoirs ne faisant que 1,20 mètre de largeur, le fumeur ne peut donc même pas rester sur le trottoir, mais doit aller sur la rue pour fumer. On peut donc véritablement arriver à ce genre d'excès si on va trop loin.
Je dis donc oui aux mesures antifumée, oui à la prévention, oui à l'éducation des fumeurs pour qu'ils fassent attention aux non-fumeurs, mais ne soyons pas trop excessifs. Nous avons déjà rédigé une loi qui va dans le bon sens et cette initiative populaire est vraiment excessive. C'est à ce titre que je vous invite à recommander au peuple et aux cantons de la rejeter.