Lexipedia

Seydoux-Christe Anne · Ständerat · 2011-12-20

Seydoux-Christe Anne · Ständerat · Jura · Fraktion CVP-EVP · 2011-12-20

Wortprotokoll

Je remercie tout d'abord le Conseil fédéral pour sa réponse. J'aimerais quand même relever certains faits. D'une part, l'élevage chevalin régresse dans notre pays, quand bien même le nombre d'équidés a continuellement augmenté en Suisse. On peut en conclure que l'élevage suisse n'a pas pu profiter pleinement de l'engouement pour la pratique des sports équestres en Suisse, l'importation ayant mieux tiré son épingle du jeu. Pour rappel, le contingent tarifaire se monte à 3822 chevaux, le Conseil fédéral l'ayant augmenté de 500 unités en 2010. Durant l'année 2010, 3911 chevaux, toutes races et utilisations confondues, ont été importés alors qu'ils étaient 3051 à entrer en Suisse en 1994, ce qui représente une augmentation de 22 pour cent. L'abandon, en 1999, de l'attribution des contingents d'importation en rapport avec la prestation indigène n'est sans doute pas étranger à cette situation.

L'importation de chevaux est simple et bon marché, tout comme le prix des chevaux en provenance de l'étranger où les coûts de production sont beaucoup plus bas qu'en Suisse. Il est, par contre, beaucoup plus difficile et onéreux d'exporter. D'une part, comme toujours, la force du franc suisse est un obstacle presque insurmontable pour les éleveurs suisses. L'exportation en elle-même engendre, de plus, des frais importants et il y a un prix de revient élevé de l'élevage en Suisse. J'aimerais relever ici que les éleveurs continuent à élever passionnément des chevaux, à y consacrer leur vie, bien que le rendement pour ces éleveurs soit pratiquement nul.

L'addition de tous ces éléments rend l'exportation des chevaux à des prix couvrant les frais de production pratiquement impossible, et c'est donc un problème majeur pour les éleveurs de chevaux de la race des Franches-Montagnes notamment, qui exportent annuellement 350 à 400 chevaux. Par ailleurs, il y a un marasme sur le marché européen des chevaux qui a fait chuter le prix des chevaux de loisir.

Donc si rien n'est entrepris pour protéger la production des élevages suisses, par exemple par une meilleure protection à la frontière ou en investissant plus de moyens dans le marketing, on peut parier que la diminution du nombre de naissances continuera au profit des importations. Avec une évolution pareille à la baisse, c'est tout un savoir-faire, des compétences et une forme de valeur ajoutée qui disparaîtraient. Les éleveurs n'ont pas de moyens suffisants à investir dans le marketing pour avoir une chance d'inverser la tendance. En effet, comme je l'ai dit, les estimations réalisées récemment montrent que le revenu des éleveurs de chevaux est proche de zéro et même négatif. Il est donc indispensable que la Confédération prenne des mesures.

Je suis convaincue qu'une des pistes d'amélioration est à rechercher dans l'augmentation des parts du marché suisse pour la production indigène. Il est vrai que la Confédération fournit déjà une aide substantielle en faveur de l'élevage chevalin, cependant il est regrettable qu'en parallèle d'autres mesures aient en quelque sorte inhibé les effets économiques et, surtout, le gain de valeur ajoutée qu'on devrait attendre de ces mesures.

Il convient donc de prendre de nouvelles dispositions pour tenir compte des nouveaux besoins et sauvegarder des compétences et un savoir-faire reconnus loin à la ronde.