Hodgers Antonio · Nationalrat · 2012-02-28
Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2012-02-28
Wortprotokoll
C'est ma dernière intervention; après je me tais, je vous le promets!
Mon initiative parlementaire demande simplement que les conseillers fédéraux et la chancelière de la Confédération - qui incarnent à eux huit les plus hautes fonctions politiques et par conséquent symboliques de notre pays - s'expriment dans une des quatre langues nationales lorsqu'ils s'adressent à une large audience. Cela peut certainement faire [PAGE 62] sourire à l'étranger qu'il faille passer par une initiative parlementaire pour demander aux ministres qu'ils s'expriment dans une des langues nationales. En Suisse, on doit être dans une situation unique au monde: la Suisse est un petit pays, avec quatre langues nationales et, malgré cela, la langue maternelle de la majorité des Suisses n'en fait pas partie.
Je ne veux pas revenir sur le débat que nous avons déjà eu l'occasion de mener sur les initiatives parlementaires précédentes, mais il y a deux choses que j'aimerais quand même dire: tout d'abord, il y vingt ou trente ans, les conseillers fédéraux s'exprimaient toujours en "Hochdeutsch". Il y a vingt ou trente ans - je m'adresse à Kathy Riklin -, dans les médias publics, radio et télévision, la grande majorité des programmes étaient diffusés en "Hochdeutsch". Ce n'est donc pas un problème d'irrespect de la langue maternelle de nos compatriotes alémaniques, puisque les mêmes compatriotes alémaniques, il y a une génération, acceptaient le "Hochdeutsch" comme leur propre langue. Mais c'est bien l'ambiguïté du pacte fédéral qui fait que chaque région puisse choisir sa langue et que les Suisses allemands aient choisi l'allemand standard. Ce ne sont ni nous les Romands ni les Tessinois qui ont voulu mettre dans la Constitution suisse l'allemand standard, et une fois que nous les Romands, nous les Tessinois, nous faisons l'effort d'apprendre cette langue standard, nous nous retrouvons avec une autre langue, la "Mundart", dans les discours politiques, comme langue de travail, comme langue des médias. Ce que je demande donc par mon initiative parlementaire, c'est de revenir à une situation d'équilibre, comme il y a vingt ou trente ans, entre la "Mundart" et le "Hochdeutsch".
Pour le Conseil fédéral, il est évident que si un conseiller fédéral est invité à une fête du 1er août dans un village, il peut bien sûr parler en "Mundart". C'est évidemment compréhensible et souhaitable; il faut valoriser la "Mundart". Mais lorsqu'un conseiller fédéral s'exprime au téléjournal, la "Tagesschau", qui est vu dans toute la Suisse, on peut lui demander de parler en allemand standard; comme cela, tant les Romands que les Tessinois peuvent aussi comprendre ce qu'il est en train de dire. Je crois que c'est le minimum de respect que l'on puisse avoir pour les autres régions linguistiques de son pays.