Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2012-02-27
Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-02-27
Wortprotokoll
Je n'avais pas prévu de prendre la parole dans ce débat, mais je dois quand même dire que, dans les remarques que vient de faire Monsieur Gutzwiller à l'appui de sa proposition de rejet de la motion, un certain nombre de choses suscitent, en tout cas de ma part, une réaction.
La première remarque consiste à dire que la Suisse est déjà à peu près le seul des pays qui connaissent des systèmes d'assurance-maladie à écarter du remboursement des soins les dents et tout le système dentaire. C'est déjà relativement particulier d'écarter une partie du corps, comme si ce qu'il y a à faire dans celle-ci n'a que peu à voir avec la santé ou avec la maladie. En ajoutant la suppression du remboursement des lunettes, c'est comme si on enlevait une deuxième partie du corps à cette prise en charge par l'assurance-maladie, à ce souci, à cette responsabilité face à la santé. Ce sont les yeux, après ce seront les dents, un bras, une jambe, bref, pour moi cela montre bien l'absurdité de la décision - excusez-moi, Monsieur le conseiller fédéral - et le fait qu'il convient de la corriger.
La deuxième remarque concerne ce que vous avez dit à propos du principe de l'arrosoir, puisqu'en remboursant des lunettes pour les enfants, on viendrait en aide à des familles qui n'en ont pas besoin. Il ne s'agit pas d'aide: il s'agit de voir que l'absence de correction de problèmes oculaires entraîne des conséquences négatives sur la santé ou sur le développement de ces enfants et que, dans ce sens, il s'agit vraiment d'une prestation d'assurance-maladie. Si l'on commence à dire que, dans l'assurance-maladie, il ne faut pas rembourser les prestations de personnes trop aisées, je me réjouis de voir le succès que vous aurez, Monsieur Gutzwiller, si vous proposez par exemple que l'on ne prenne plus en charge les frais engendrés par une chimiothérapie après un cancer parce que la personne qui en souffre est millionnaire.
Cela n'a pas de sens et c'est pour cette raison que nous devons demander au Conseil fédéral, dont c'est effectivement la compétence, de réintroduire le remboursement des lunettes. Il y a de nombreuses familles dans ce pays qui ont déjà de lourdes charges de par l'éducation d'un enfant, mais encore plus finalement avec ce qui s'ajoute en primes d'assurance-maladie, et c'est la moindre des choses que nous puissions faire à leur égard.