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Berberat Didier · Ständerat · 2012-03-08

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-03-08

Wortprotokoll

Tout d'abord, je salue ce rapport sur la politique extérieure 2011 qui a, bien entendu, un aspect rétrospectif puisqu'il reflète ce qui s'est passé en politique étrangère l'an passé, mais qui a aussi un aspect prospectif intéressant concernant ce qui pourrait et ce qui devrait se faire dans ce domaine durant cette année et les années suivantes.

En fonction du fait que les relations internationales se complexifient, ce qui est important, je crois, dans la politique étrangère de la Suisse, c'est une coordination encore [PAGE 135] meilleure entre les différents départements et offices; cela a été relevé tout à l'heure. Je sais que la collaboration est déjà importante, mais on constate que dans beaucoup de domaines internationaux, non seulement le Département fédéral des affaires étrangères est concerné, mais, en fonction des thèmes et des thématiques, aussi les autres départements. Il est donc important que, sous la responsabilité du DFAE, des collaborations encore meilleures existent, même si je sais, et je le répète, que cette collaboration existe déjà dans beaucoup de domaines.

Le thème central du rapport, vous l'avez vu, est les révolutions dans le monde arabe, et je trouve très intéressante la présentation qui en est faite, de même que le rôle que joue la Suisse dans ces pays. Je suis toutefois interpellé par la question du soutien à la transition démocratique: s'il est bien question de mettre en place des structures transparentes, participatives et compatibles avec l'Etat de droit, je m'interroge cependant sur la manière de le faire. A mon avis, il serait essentiel de soutenir, notamment dans ces pays, la presse, qui a une importance considérable, ainsi que les processus de formation de l'opinion, en particulier quant à la question des droits de l'homme qui est, on le sait, une question très sensible.

En plus de cela, il y a, dans ces pays, en fonction des résultats obtenus par un certain nombre de partis politiques suite à des élections démocratiques, un risque de péjoration de la position des femmes; et je le dis aujourd'hui, le jour de la journée de la femme.

En Suisse, nous serons concernés par ces évolutions dans le domaine de l'asile, et je souhaiterais savoir si une réflexion est menée en vue d'une anticipation des problèmes avec des mesures à prendre en amont, afin que de meilleures perspectives économiques sur place évitent justement que la pression migratoire se répercute chez nous.

Enfin, le Conseil fédéral, dans son rapport, évoque les fortunes déposées sur des comptes suisses par des tyrans déchus ou leurs proches. On le sait, les montants gelés ne représentent qu'une petite partie des biens possédés par ces potentats et leurs clans, puisque l'argent n'est pas seulement en Suisse.

Est-ce que des démarches sont envisagées pour accélérer les processus de restitution afin que les pays en transition puissent bénéficier de ces fonds? Les procédures juridiques sont longues, mais il y a une certaine impatience qui se fait jour, par exemple en Tunisie, quant au fait de restituer l'argent. Je sais que les diplomates sont très actifs dans ce domaine-là, mais a-t-on bien expliqué aux Tunisiens les méandres de la procédure suisse et le fait que malheureusement on ne pourra peut-être pas rendre cet argent détourné aussi rapidement que ce qu'on souhaiterait?

Je voudrais aussi aborder la question de la protection consulaire. Nous avons revu les arrondissements consulaires: on a fermé certains consulats pour procéder à une régionalisation. Ceci, à l'évidence - et je l'avais déjà dit l'année passée -, me paraît judicieux, parce qu'on sait que dans certains consulats très peu de visas étaient délivrés et, en fin de compte, il était disproportionné de maintenir ces consulats, ce d'autant plus qu'il existe maintenant des moyens électroniques de transmission des données. Par contre, la question qui pourrait se poser, c'est celle d'une collaboration avec d'autres pays de l'Union européenne, notamment des pays de l'Espace Schengen - je songe singulièrement à l'Autriche, pays cher à notre conseiller fédéral. Est-ce que des contacts ont lieu, des projets se font-ils jour pour que dans certains pays, dans certaines régions, la protection consulaire suisse puisse se faire par d'autres pays de l'Union européenne, ce qui permettrait de rapprocher ces entités administratives des citoyens suisses de l'étranger? Et est-ce que la Suisse serait aussi prête, de son côté, à assumer la protection consulaire d'un certain nombre de ressortissants d'autres pays? Je pense qu'il s'agit vraiment d'une piste intéressante, parce qu'on sait qu'on n'arrivera pas à augmenter sans cesse le nombre de consulats; on a un peu revu leur nombre; on a réorienté la politique avec l'ouverture, notamment en Asie, d'un certain nombre de consulats, ce qui paraissait important en fonction du fait qu'il y a nombre de Suisses qui se trouvent sur ce continent et qu'il y a des intérêts économiques importants. Je souhaiterais savoir ce qu'il en est à ce sujet.

J'aimerais poser encore une autre question - je l'ai déjà posée en commission, mais je crois qu'elle est intéressante. En fonction de l'évolution de la société et de l'insécurité qui augmente de par le monde, les Suisses qui voyagent à l'étranger sont confrontés à de plus en plus de risques, comme les enlèvements ou d'autres problèmes. Je ne vous cacherai pas que je suis un peu étonné de la légèreté avec laquelle certains de nos concitoyens et de nos concitoyennes se rendent à l'étranger dans des zones très sensibles. Ce qu'il faut bien dire, c'est que lorsque arrive un problème, c'est le DFAE qui doit, excusez-moi l'expression, faire le service après-vente, malgré le fait que souvent sur le site Internet du département ces régions sont définies comme étant dangereuses et donc à éviter.

Loin de moi l'idée de dire qu'on ne doit plus s'occuper de ces personnes. Mais qu'envisage-t-on de faire le cas échéant pour des personnes qui, avec une très grande légèreté, se rendent dans des pays à risques en le sachant très bien et qui nécessitent des engagements humains et financiers très importants pour les sortir d'une situation difficile?

Ensuite, en ce qui concerne le Sommet de la Francophonie qui devrait avoir lieu à Kinshasa en principe du 12 au 14 octobre prochain: est-ce qu'on en sait un peu plus? Aura-t-il effectivement lieu à Kinshasa? On sait qu'à un certain moment, des problèmes d'intendance se posaient - et aussi des problèmes politiques en raison des élections présidentielles récentes qui sont, vous le savez, contestées par une partie de la classe politique congolaise.

J'aurais enfin une dernière question: on l'a vu, il y a une multipolarisation des rapports de force internationaux. L'Asie est un continent qui est en pleine évolution et qui prend de plus en plus d'importance. On nous a dit que la Suisse pourrait organiser en 2012 l'"Asia-Europe Meeting" - excusez-moi de cet anglicisme - ou Dialogue Europe-Asie, qui pourrait constituer un événement important pour cette année. On nous a aussi dit qu'en principe, la Suisse pourrait faire partie de ce groupe, malgré le fait qu'à l'origine n'étaient prévus au niveau européen que des pays membres de l'Union européenne. Est-ce que le chef du département peut nous dire où on en est dans ce domaine? Il me paraît très important de mettre un accent particulier sur l'Asie et sur les relations entre l'Europe - mais pas seulement l'Europe communautaire, l'Europe géographique - et l'Asie.