Hêche Claude · Ständerat · 2012-03-08
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-03-08
Wortprotokoll
Dans le prolongement de ce qui a été dit par le président de notre commission, permettez-moi de revenir sur quelques éléments qui justifient à mon sens le projet du Conseil fédéral.
Tout d'abord - je crois qu'il faut insister sur ce point -, la situation n'est pas encore stable et le gouvernement de transition n'est pas encore en mesure de maîtriser ces risques. Il est donc de notre devoir de prendre des dispositions sécuritaires.
Invoquer, comme vient de le faire notre collègue, par exemple la neutralité pour refuser cet engagement est à mes yeux un joker irrecevable. D'une part parce qu'il incombe à l'Etat d'assurer la sécurité du personnel qu'il engage à l'étranger. Bien sûr qu'il s'agit d'opérations à risques, comme souvent, ou je dirai même toujours, en matière de sécurité; mais notre armée dispose des moyens nécessaires et des spécialistes instruits et équipés à cet effet. Ce genre de mission a déjà été conduit et correspond au profil de prestations prévues par le nouveau rapport sur la politique de sécurité. Aussi, cet engagement en Libye est cohérent avec ce que nous avons récemment décidé concernant le rôle et les missions de l'armée. Confier cette importante tâche à des entreprises privées ou à des pays voisins reviendrait en quelque sorte à ne plus assumer, je dirai même à fuir nos responsabilités.
Personne n'ignore que les activités de nos ambassades et consulats exercent indirectement et automatiquement des effets positifs sur notre pays. Dans le cas présent, les actions de promotion de la paix, que nous mettons en oeuvre par l'intermédiaire de notre ambassade à Tripoli, contribuent aussi à notre propre sécurité face aux conséquences des conflits armés dans ce pays. C'est également un moyen, et nous avons eu l'occasion d'en discuter il y a quelque temps, de limiter les migrations incontrôlées. La normalisation des activités de l'ambassade et la défense des intérêts de la Suisse sur place sont donc des priorités.
Aussi, si d'autres situations semblables devaient se présenter, ne pensez-vous pas, Monsieur le conseiller fédéral, que l'expérience libyenne devrait nous inciter à réfléchir à la possibilité d'utiliser de manière plus automatique du personnel militaire formé, en lieu et place d'entreprises de sécurité privées? Implicitement, ne pensez-vous pas, Monsieur le conseiller fédéral, qu'il serait judicieux que le Conseil fédéral porte une nouvelle réflexion sur l'article 70 alinéa 2 de la loi sur l'armée et l'administration militaire, afin d'améliorer sa capacité politique à envoyer rapidement des soldats à l'étranger, sans transiter par l'Assemblée fédérale, en particulier dans une situation similaire?
Pour ces quelques raisons et dans le prolongement de l'exposé de qualité du président de notre commission, je vous invite tout naturellement à soutenir l'arrêté fédéral proposé par le Conseil fédéral.