Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2012-05-02
Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-05-02
Wortprotokoll
En introduisant une nouvelle ligne directrice, nous souhaitons que le principe d'égalité soit concrétisé réellement dans les faits et pas seulement inscrit dans la Constitution sans une application concrète. En effet, le principe d'égalité inscrit dans la Constitution ne suffit malheureusement pas à ce que l'égalité soit concrétisée.
Il y a de nombreux domaines dans lesquels l'égalité est loin d'être une réalité, comme l'intégration des femmes sur le marché du travail, l'égalité salariale, de carrière ou de possibilités de concilier, tant pour les femmes que pour les hommes, la vie familiale et la vie professionnelle.
En effet, nous savons qu'en Suisse les femmes gagnent encore 20 pour cent de moins que les hommes, et plus on monte dans la hiérarchie, plus la différence de salaire est importante, puisqu'elle peut représenter jusqu'à 30 ou 40 pour cent. A ce rythme, il faudrait attendre 91 ans pour atteindre l'égalité salariale - c'est un petit peu beaucoup! Souvent, les inégalités salariales sont dues à une différence d'appréciation du travail et des performances des femmes et des hommes. Les emplois réputés typiquement féminins sont [PAGE 574] généralement moins bien classés dans l'échelle des salaires. Les qualifications requises pour des activités majoritairement exercées par des femmes sont insuffisamment reconnues et donc insuffisamment rémunérées. Il faut donc absolument continuer à dénoncer les discriminations salariales, soutenir les bureaux de l'égalité et leur donner les moyens d'agir afin de dénoncer ces inégalités.
La mise en oeuvre de l'égalité salariale est un mandat constitutionnel et juridique. C'est pourquoi il faut que les ressources nécessaires soient mises à disposition pour vérifier l'égalité salariale.
Un autre domaine où l'égalité n'est pas encore établie est le travail à temps partiel. Il faut placer sur un pied d'égalité le travail à temps partiel et le travail à plein temps en ce qui concerne la sécurité sociale, les possibilités de perfectionnement et de carrière. Le travail à temps partiel doit être pareillement accessible aux hommes et aux femmes, même dans des domaines d'activité très exigeants. En effet, à l'heure actuelle, le travail à temps partiel reste un obstacle au développement professionnel et à la promotion sociale. Sur ce point, les femmes sont les plus touchées: 62 pour cent de femmes exercent une activité professionnelle contre 75 pour cent des hommes et, parmi elles, 57 pour cent travaillent à temps partiel contre 13 pour cent des hommes.
Depuis le 7 février 1971, que de changements se sont produits! En effet, les femmes sont considérées à part entière face aux élections et votations, comme l'ont toujours été les hommes. Les femmes ont ainsi pu accéder à toutes les sphères politiques de notre pays, mais la part des femmes représentées tant dans les exécutifs que les législatifs n'est pas encore suffisante.
Ces dernières décennies, la représentation des femmes dans de nombreux secteurs de la société a pu être accrue de façon marquante, ce dont on ne peut que se réjouir. Ces ressources et ces capacités supplémentaires profitent en effet à tout le monde, hommes et femmes. Le niveau de formation des femmes n'a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui et il y a longtemps que celles-ci sont majoritaires dans les universités. D'un point de vue économique, former des femmes pour finalement ne pas exploiter leur potentiel n'a pas de sens.
Un des rares domaines dans lesquels les femmes sont encore et toujours sous-représentées est celui de la direction d'entreprises: 6 pour cent des hommes actifs sont engagés dans la direction d'une entreprise, ce qui n'est le cas que de 1 pour cent des femmes. Il ne fait aucun doute que la part des femmes occupant des positions dirigeantes dans l'économie doit augmenter, aussi bien dans les conseils d'administration que dans la direction opérationnelle.
Un article paru dans la revue "Employeur Suisse" mentionne que le lien direct entre la performance d'une entreprise et la part de femmes assumant des fonctions de direction est désormais incontesté. Cette relation est particulièrement frappante dès lors que le pourcentage de femmes dépasse les 30 pour cent. L'encouragement de mesures permettant la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale permettra également à une part plus importante de femmes d'accéder aux cercles dirigeants de l'économie.
Au vu de ces considérations, je vous propose de soutenir ma proposition de minorité pour la nouvelle ligne directrice et non celle de la majorité. En effet, Monsieur Maximilian Reimann souhaite mettre l'âge de la retraite des hommes et des femmes sur un pied d'égalité. Ce qui est intéressant dans sa proposition, c'est qu'il ne parle pas d'âge. Les hommes seront donc peut-être contents de partir en retraite un peu plus vite! Trêve de plaisanterie! Lorsque l'égalité sera réellement concrétisée sur le terrain, on pourra peut-être envisager de parler de l'âge de la retraite.
Le groupe socialiste soutiendra toutes les propositions allant dans le sens de la concrétisation de l'égalité et rejettera les propositions de la minorité Aeschi Thomas.