Schmied Walter · Nationalrat · 2001-06-14
Schmied Walter · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2001-06-14
Wortprotokoll
Le débat a eu lieu. Je retiens deux points de ce débat fort intéressant.
Le premier suscite des regrets de ma part. J'ai suivi ce débat avec une grande attention. Il a été question de précarité, de faim dans le monde, de désespoir, de pays pauvres. Finalement, même en ayant écouté attentivement, je n'ai jamais entendu quelqu'un parler des mérites du Comité international de la Croix-Rouge, organisation pour laquelle la Suisse assume la responsabilité en continu. J'aimerais préciser que même le rapport oublie d'évoquer le Comité international de la Croix-Rouge. A la page 330, "Genève internationale", on cite 16 organisations qui ont leur siège à Genève, mais on a oublié la Croix-Rouge.
J'aimerais quand même rappeler que la Suisse finance à raison de 65 pour cent les frais de structure, dite "siège", à Genève et que les Etats-Unis, si la Suisse paie 67,4 millions de francs, suivent avec 15,2 millions de francs, l'Union européenne avec 16,1 millions de francs, le Canada avec 2,4 millions de francs. Je lance un appel à la Suisse officielle pour qu'elle s'identifie avec la Croix-Rouge et son action sur le terrain, alors que d'autres organisations doivent libérer le terrain pour les raisons que l'on connaît.
J'essaye de donner un complément d'information à Mme Ménétrey-Savary qui a évoqué trois choses. Ces trois choses résument très simplement, avec beaucoup de bon sens, l'ensemble du débat. Elle a évoqué la pauvreté, la dette extérieure qui pèse sur les pays pauvres, et elle a conclu que la Suisse - je crois que je ne la trahis pas - ne peut pas faire grand-chose. Elle est honnête. Mais il est faux de croire que la Suisse ne fait rien. J'aimerais dire que si le montant de l'aide de la Suisse n'a pas atteint 0,7 pour cent du produit intérieur brut, comme l'ONU le recommande à ses Etats membres, elle a progressé quand même de 0,35 pour cent à 0,4 pour cent, ce qui n'est pas négligeable.
Il se pose maintenant la question de savoir, si la Suisse engage des fonds dans le domaine humanitaire et de la pauvreté, à combien se monte son aide. J'aimerais donner une réponse à Mme Ménétrey-Savary: la Suisse a progressé en 1999 en se classant au septième rang des membres du Comité d'aide au développement et a gagné ainsi trois places, pour passer du dixième au septième rang.
Et maintenant, on doit aussi répondre à la question de savoir où la Suisse investit cette aide internationale. Va-t-elle vraiment en direction des pays les plus pauvres? Là aussi, je donne un essai de réponse. Les versements bruts d'aide bilatérale allant aux pays les moins avancés sont le 37 pour cent de l'aide totale, un niveau nettement supérieur à la moyenne des pays membres de la Communauté d'aide au développement qui ne fait que renflouer ses aides aux pays les moins avancés, à raison de 25 pour cent.
Finalement reste la dette extérieure. Là aussi, la Suisse est pionnière. En matière de réduction de la dette, la Suisse a, dès le début des années nonante, joué un rôle innovateur en mettant en place des fonds de contrepartie pour financer les petits projets à caractère social et environnemental. Par conséquent, la quasi totalité de la dette bilatérale à l'égard de la Suisse a été annulée. Ici, au moins, si on ne peut pas montrer deux mains blanches, la Suisse peut dignement présenter une main blanche et c'est déjà un bon départ.
Je vous prie de vous en tenir aux recommandations de la majorité de la commission et de prendre acte du rapport en l'approuvant.