Lexipedia

van Singer Christian · Nationalrat · 2012-12-11

van Singer Christian · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2012-12-11

Wortprotokoll

Nous discutons aujourd'hui de l'abrogation du service militaire obligatoire. Mais cette obligation existe-t-elle encore? Les femmes, pourtant citoyennes à part entière depuis quarante ans, ne sont pas astreintes. Les jeunes étrangers résidents qui, dans d'autres pays, obtiendraient la citoyenneté ne sont pas astreints. Presque 40 pour cent des jeunes Suisses sont dispensés pour raisons médicales ou font du service civil. En fin de compte, moins d'un cinquième des jeunes accomplissent réellement un service militaire.

Non seulement l'obligation de servir n'existe plus dans les faits, mais surtout le principal motif de la maintenir - le péril extérieur - a disparu. De qui nous protègent les avions de combat, les chars, notre armée de 100 000 hommes? des Allemands? des Autrichiens? des Italiens? des Français? des Russes? Force est de constater que le service militaire obligatoire n'existe plus dans les faits et qu'il a perdu sa raison d'être. Toutefois, je trouve qu'il est important pour la cohésion nationale que tout jeune soit appelé à fournir un service au pays dans lequel il vit.

J'hésite donc à soutenir l'initiative, qui prévoit l'abrogation du service militaire obligatoire. La situation actuelle, toutefois, est insatisfaisante. Malheureusement, on demande aux jeunes de servir dans une armée qui se prépare à un remake de la dernière guerre mondiale, dans une armée qui, au lieu de se préparer à parer aux risques d'aujourd'hui - terrorisme, catastrophes naturelles, attaques électroniques -, continue à gaspiller des milliards dans l'achat d'avions, de chars d'assaut, de systèmes de conduite des opérations foireux. Malheureusement, on continue à pénaliser les jeunes qui refusent l'apprentissage du métier de la guerre et qui aimeraient servir autrement notre pays.

C'est pourquoi, comme je suis attaché au maintien d'un service pour le pays, je soutiendrai la proposition von Graffenried et celle de la minorité Hiltpold. Leurs auteurs demandent, avec les sensibilités qui sont les leurs, que plusieurs formes de service soient possibles: service militaire, protection civile, aide en cas de catastrophe, pompiers, engagement civil dans le social ou la protection de l'environnement. Ils demandent en outre que les femmes et les jeunes étrangers puissent aussi, à titre volontaire, servir le pays.

Je félicite les auteurs de ces propositions, qui sont novatrices et qui aboutiraient réellement à une réforme de l'armée actuelle, qui n'est plus adaptée au temps actuel et qui ne répond pas aux besoins d'aujourd'hui.

Je soutiendrai donc avec conviction la proposition von Graffenried et celle de la minorité Hiltpold, même si elles déplaisent à gauche et à droite. Je vous demande de les soutenir. Toutefois, si elles étaient rejetées par notre conseil, je vous demanderais de recommander au peuple et aux cantons d'adopter l'initiative, parce que je retiens que c'est le seul moyen pour débloquer la situation actuelle, qui correspond aux besoins d'il y a cinquante ou cent ans, mais plus à ceux d'aujourd'hui.