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Zisyadis Josef · Nationalrat · 2009-03-18

Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2009-03-18

Wortprotokoll

Nous avons un Conseil fédéral ventriloque depuis des années. On peut considérer que c'est un atout d'être ventriloque, mais en l'occurrence, être ventriloque du système bancaire, c'est mener notre pays dans une perte de souveraineté et l'enfoncer dans la crise économique.

Depuis des années, tous les partis représentés au Conseil fédéral, tous les conseillers fédéraux ont défendu bec et ongles le secret bancaire, de l'UDC au Parti socialiste, en passant par le PLR et le PDC. Lorsque la gauche vous demandait, depuis des décennies, de remettre en cause le distinguo stupide entre fraude fiscale et soustraction fiscale - et j'entends encore ici la voix de Jean Ziegler, votre ancien collègue -, vous rigoliez, vous nous traitiez de traîtres à la patrie. Maintenant, ce sont vos partis, vos conseillers fédéraux qui doivent répondre dans la débandade aux exigences internationales. Tout cela évidemment serait risible si cela ne concernait directement ou indirectement les hommes et les femmes de notre pays, leurs emplois, leur vie en commun.

Messieurs les conseillers fédéraux et Messieurs des partis dominants de ce pays, vous avez joué notre pays à la roulette russe, depuis des années, avec cette monoculture de la fraude financière mondiale et une défense, une ligne Maginot, autour des malversations financières de certains établissements bancaires suisses. Continuez à vouloir convoquer l'ambassadeur allemand, continuez à vouloir vous offusquer des listes de l'OCDE, tout cela est une politique d'arrière-garde qui refuse d'ouvrir les yeux sur la cause, sur la crise du système capitaliste et des finances publiques de tous les Etats!

L'Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la France profitent de ces cafouillages helvétiques, bien sûr. Ce n'est pas la lutte contre la fraude fiscale qui les intéresse, bien évidemment. Ils veulent juste réorganiser le système financier international à leur profit pour imposer le droit du plus fort. Et la Suisse ne fait que les conforter dans sa tactique du salami. Et votre salami, Monsieur Merz, n'est pas encore fini!

Il n'y a pas beaucoup d'issues à cette crise majeure. Il faut faire enfin la seule proposition postcapitaliste qui aura un effet durable, éthique et de justice. La Suisse doit proposer une conférence internationale sur le secret bancaire et la fraude fiscale mondiale et avancer des propositions d'harmonisation internationale: par exemple, la fin du secret bancaire entre les Etats, une harmonisation mondiale des impôts, la fin des forfaits fiscaux, une taxation internationale des sociétés financières. Voilà la seule stratégie internationale crédible: attaquer là où cela fait mal et profiter de cette situation de crise pour faire une avancée humaine vers plus de bien commun. Tout le reste, Monsieur le président de la Confédération, ne sera que gesticulation.