Hêche Claude · Ständerat · 2011-09-14
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-09-14
Wortprotokoll
Comme cela a été rappelé par plusieurs intervenants, le franc fort nécessite des mesures fortes. La situation est difficile pour toute l'économie suisse, mais ce qu'il faut aussi et surtout avoir à l'esprit, ce sont les répercussions négatives sur les salariés. Le Conseil fédéral doit être là pour y veiller.
Le paquet de mesures annoncé par ce dernier doit ainsi avoir un double objectif: garantir l'attrait à long terme de la place économique suisse et assurer les emplois. Dans cette optique, je salue le fait que notre Commission des finances ait pris le contre-pied de son homologue du Conseil national car, tout comme elle, je suis d'avis qu'il faut voir dans le premier paquet proposé par le Conseil fédéral des mesures d'accompagnement aux premiers efforts positifs entrepris par la BNS.
Comme l'a dit Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann: "Ce n'est pas le montant de l'aide qui compte, mais bien l'effet obtenu." Il sera donc indispensable de s'assurer, je dirai même de mesurer l'évolution, afin que les sommes investies ne ratent pas leur cible. Selon une étude du Centre de recherches conjoncturelles (KOF), ce sont près de 15 000 emplois qui sont en jeu; Economiesuisse avance même le chiffre de 25 000 postes en sursis dans le secteur de l'exportation. Ainsi, dans la mesure où certaines entreprises menacent de se délocaliser à l'étranger, de réduire les salaires, de les verser en euros ou de rallonger la durée du temps de travail, un certain nombre de précautions, je dirai même de conditions, s'imposent dans l'octroi de l'aide étatique.
A titre d'exemple, dans mon canton l'économie est dominée par l'industrie d'exportation, en particulier l'horlogerie et la microtechnique, avec de nombreuses entreprises actives dans la sous-traitance. Ainsi, malgré un développement socioéconomique important depuis plusieurs années, le tissu économique et le marché de l'emploi jurassien restent encore moyennement diversifiés, avec notamment un taux de chômage plus élevé que la moyenne suisse.
A l'instar de l'exemple jurassien, je souhaiterais relever que les mesures sectorielles prévues pour soutenir nos entreprises représentent aussi et surtout un enjeu d'importance pour plusieurs régions de notre pays, qui plus est qui sont des régions frontalières. D'autre part, si le paquet du Conseil fédéral peut être vu comme un pas dans la bonne direction, le chemin est certainement encore long pour inverser la tendance. Il va sans dire que ce premier train de mesures devra donc être complété par d'autres, ceci - et j'aimerais insister sur ce point - de manière coordonnée avec les mesures de la Banque nationale suisse et en associant les partenaires sociaux.
Nos concitoyennes et concitoyens ont peur pour l'économie du pays et pour leur emploi: il est impératif que le politique lance un signal fort et clair à leur égard. C'est dans cet esprit que je vous invite à soutenir le premier paquet de mesures présenté par le Conseil fédéral.