Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2012-11-27
Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-11-27
Wortprotokoll
Tout d'abord, je déclare mes intérêts: je suis secrétaire générale de l'Association du personnel de la Confédération.
Comme un rituel, "alle Jahre wieder", la proposition d'opérer une coupe linéaire dans le budget prévu pour le personnel revient désormais chaque année à l'approche des fêtes. Heureusement, cette année, ce cadeau empoisonné n'est proposé que par une minorité de la commission qui voudrait diminuer de 2 pour cent le crédit alloué aux charges de personnel. Ce qui équivaut, si l'on retire le papier d'emballage, à une surprise de 107,5 millions de francs en moins, alors que les charges de personnel ne représentent que 8 pour cent et quelques miettes de l'entier du gâteau.
En tant que secrétaire générale de l'Association du personnel de la Confédération, j'aimerais vous rappeler que ces dépenses ne sont pas une fleur faite aux employés à l'occasion de Noël, mais des investissements justifiés par les tâches de plus en plus nombreuses et complexes que ce Parlement attribue au personnel fédéral. La mise en oeuvre, jour après jour, du soutien à la place économique suisse, des assurances sociales et du système de santé ne se fait pas toute seule, mais grâce à des femmes, à des hommes compétents, flexibles et loyaux. La confrontation quotidienne aux nouveaux défis sécuritaires et aux catastrophes climatiques ne se fait pas sans ressources humaines, mais exige des personnes qualifiées et motivées pour travailler au service d'un employeur qui doit rester attractif dans un contexte de forte concurrence sur le marché du travail.
Les employés de la Confédération ne travaillent pas dans un atelier protégé, ni dans celui du père Noël. Ils connaissent une forte pression sur leurs conditions de travail, des [PAGE 1868] réorganisations, des externalisations, en passant par l'affaiblissement de leur protection contre le licenciement. Leur revenu disponible diminue, de 0,4 pour cent entre 2010 et 2011, alors que leur productivité augmente. Il serait donc injuste, autant qu'injustifié - je pense à l'excédent des comptes 2012 -, d'en rajouter encore en diminuant la masse salariale globale. Ce n'est pas un hasard si le Conseil fédéral est d'accord d'augmenter, fût-ce modestement, les salaires de ce personnel.
En outre, couper de manière linéaire dans le paquet ficelé par le Conseil fédéral et arrangé par la Commission des finances n'a pas de sens. En effet, la commission, puis le Parlement sont censés examiner le budget ligne par ligne. La même minorité de la commission qui réclame cette coupe a du reste aussi sorti ses ciseaux dans l'examen ligne par ligne, toujours sur le dos du personnel.
Comme on peut le voir dans le dépliant, les membres de la minorité proposent par exemple de tailler dans les rétributions du personnel de l'Office fédéral des migrations, déjà mis à mal par une réorganisation et en manque d'effectifs. Serait-ce parce que ces collègues souhaitent que la Confédération soit moins efficace dans la réglementation des conditions dans lesquelles une personne peut entrer, vivre et travailler en Suisse? Qu'il y ait davantage de laisser-aller dans ce domaine? Les connaissant, cela m'étonnerait! Un peu de cohérence, de grâce!
L'équation est simple: les défis et missions auxquels le personnel de la Confédération doit faire face, parce que telle est la volonté du Parlement, requièrent des moyens. La magie des fêtes n'y change rien.
C'est pourquoi je vous invite à suivre le Conseil fédéral ainsi que la majorité de la commission et à rejeter la proposition de la minorité Aeschi Thomas.