Maire Jacques-André · Nationalrat · 2012-05-03
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-05-03
Wortprotokoll
J'interviens au nom du groupe socialiste sur deux points en relation avec la section 7, "La Suisse occupe une position de pointe dans les domaines de la formation, de la recherche et de l'innovation".
Tout d'abord, concernant l'article 26 et la proposition de la minorité Malama qui prévoit d'ajouter un chiffre 88quater, "garantir la comparabilité et la reconnaissance des diplômes suisses de formation professionnelle supérieure aux niveaux national et international", je souhaite préciser une chose. Nous avions interpellé le Conseil fédéral l'été dernier. Dans sa réponse à notre interpellation 11.3721, le Conseil fédéral a précisé: "La Confédération se mobilise avec les cantons et les organisations du monde du travail afin de consolider la formation professionnelle supérieure et de mieux faire connaître sur le plan international les avantages et les spécificités du système suisse."
En ce qui concerne la formation professionnelle supérieure, il est vrai que ce système souffre d'un déficit d'image en particulier à l'étranger. Sur le plan international, l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) travaille activement au sein du processus de Copenhague qui vise précisément à faire mieux reconnaître ce système dont nous reconnaissons tous ici la valeur et auquel nous tenons parce qu'il répond très bien aux besoins en cadres de nos entreprises et de nos institutions sociales et de la santé.
Par conséquent, les travaux sont déjà en cours. Dans ce sens, on pourrait se dire que la proposition de la minorité Malama est inutile. Il est vrai qu'elle n'est pas nécessaire dans la mesure où les travaux sont en cours. Mais, avec plusieurs membres de notre groupe, je vous invite malgré tout à soutenir cette proposition pour donner un signal clair de soutien aux efforts déployés par les représentants de l'OFFT.
J'aimerais surtout insister maintenant sur le deuxième point, qui me tient particulièrement à coeur - à l'article 27 chiffre 89bis, puisqu'il concerne bien les adultes qui n'ont pas de certification de base et qui représentent aujourd'hui 10 pour cent de la population adulte de notre pays. Plus inquiétant encore, ces 10 pour cent représentent plus de 50 pour cent des demandeurs d'emploi aujourd'hui dans notre pays! Par conséquent, cela démontre bien l'importance d'avoir un certificat, un titre reconnu, pour accéder au marché de l'emploi.
Nous demandons donc qu'on mentionne explicitement dans ce programme de législature la nécessité de faire de gros efforts pour qualifier ces personnes-là. Et, Monsieur Malama, ce n'est pas la loi fédérale sur la formation continue qui nous permet de le faire explicitement, parce qu'il ne s'agit pas de compléments de formation après l'obtention d'un titre de base, non! Il s'agit du titre de base, précisément. Et heureusement, l'ordonnance sur la formation professionnelle prévoit explicitement de nouveaux moyens d'acquérir ces certifications. Je pense en particulier à la validation des acquis de l'expérience, que plusieurs cantons pratiquent déjà et qui remporte un beau succès auprès des adultes. C'est une façon de les remettre dans le circuit.
Je vous invite donc vraiment à soutenir la majorité. [PAGE 635]
Et je m'étonne que Monsieur Müri, que nous savons être très attaché à la formation professionnelle de base, ne soutienne pas cette proposition. Parce qu'il s'agit bien de cela: faire acquérir à ces adultes une formation professionnelle de base, c'est-à-dire une attestation ou un certificat, qui a une vraie valeur sur le marché du travail. C'est de cela que nous parlons ici.
J'invite vraiment les membres du groupe libéral-radical et du groupe UDC à bien réfléchir avant de voter et je les invite bien sûr à suivre la majorité.
Dernier point: cette qualification des adultes a un autre avantage. Elle permet aussi de répondre à la pénurie de personnel qualifié dans les domaines MINT ou, mieux encore, dans le domaine de la santé, des soins, parce que là nous pouvons former des adultes, je dirai à moindre prix, parce qu'il n'y a pas besoin d'investir beaucoup pour arriver à des qualifications en application de l'article 32 de l'ordonnance précitée.
Je vous invite donc à suivre la majorité de la commission, qui a eu la sagesse d'accepter ce chiffre 89bis.