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Derder Fathi · Nationalrat · 2012-11-26

Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2012-11-26

Wortprotokoll

Le groupe libéral-radical se rallie à la version de la majorité de la commission, et donc à la décision du Conseil des Etats, car cette version garantit la diversité régionale. Elle la garantit en mentionnant spécifiquement "est localisé sur plusieurs sites" - on ne peut pas faire mieux!

Cela dit, c'est un point important de divergence avec la minorité, qui est essentiel. Nous avons en fait deux visions radicalement opposées de la mission de ce parc d'innovation. Dans la version du Conseil des Etats, on propose en définitive de greffer ce parc sur ce qui existe aujourd'hui, en mentionnant la relation avec les hautes écoles - c'est un point essentiel. Dans la version du Conseil national, on propose de ne s'occuper quasiment que du respect de l'équilibre entre les régions. En résumé, nous avons d'un côté une logique fonctionnaliste - comment faire pour que ça marche? - et, de l'autre, une logique un peu trop fédéraliste - comment faire plaisir à tout le monde?

Il faut être sérieux sur cette thématique. Nous parlons d'un point essentiel pour l'avenir de notre pays. L'innovation, c'est notre force et ça doit le rester. Ce n'est malheureusement pas encore parfait aujourd'hui en Suisse. Nous avons encore de gros progrès à faire, notamment pour le transfert de technologie. Il y a un "gap" aujourd'hui encore entre les idées - on a beaucoup d'idées dans les hautes écoles, on a tous les jours d'excellentes idées - et ce qu'on appelle vulgairement leur commercialisation. Nous sommes très innovants; nous avons d'excellents cerveaux, mais nous peinons aujourd'hui à commercialiser les idées qu'ils produisent. Le transfert de technologie, c'est cela le challenge de la Suisse pour les vingt ans à venir. Et c'est cela qu'un parc d'innovation peut tenter de booster, de dynamiser.

Comment est-ce qu'on va faire? Comment va-t-on faire naître d'autres Logitech en Suisse? C'est ça, la question que nous nous posons. Soyons clairs: il ne suffira pas de construire à coups de millions trois immeubles au milieu de nulle part pour fabriquer simplement de l'innovation. Ce n'est pas [PAGE 1845] comme ça que ça marche! Il faudra tout autre chose, comme par exemple continuer le travail qui a déjà été amorcé depuis des décennies dans nos hautes écoles et plus spécifiquement, plus particulièrement, dans les écoles polytechniques, qui sont déjà orientées dans le domaine du transfert de technologie.

Ce qu'il faut éviter à tout prix aujourd'hui - et c'est là un point important sur lequel nous allons devoir nous prononcer -, c'est de créer une usine à gaz! Nous ne devons pas créer une usine à gaz fédérale destinée à satisfaire les équilibres régionaux en lançant 30 microprojets autonomes et invisibles aux quatre coins de la Suisse. Or, c'est ce que demande la minorité, qui préfère faire plaisir aux régions que de poser les bases d'un vrai projet. Et quel est le projet, l'idée de ce parc? C'est consolider ce que nous savons faire; c'est coordonner, avec un pilotage relativement centralisé, du moins sur deux, voire trois pôles principaux; et c'est donner à nos innovations une visibilité internationale - c'est également un point essentiel.

En dispatchant le parc aux quatre coins du pays, vous ne remplissez aucune de ces fonctions. Ce parc doit être piloté, pour être efficace et visible, par des pôles de compétences expérimentés, reconnus. Il est essentiel de ne pas réinventer la roue, comme le propose la minorité.

La question que propose la minorité est en fait la suivante: voulons-nous un parc régionaliste ou voulons-nous un parc suisse d'innovation? En adoptant la version régionaliste, nous prenons le risque, purement et simplement, de tuer le projet de parc suisse d'innovation. L'usine à gaz risque de mourir d'elle-même, d'inefficacité, de lourdeur et d'invisibilité.

Un parc d'innovation ne se décrète pas d'un claquement de doigts: il faut une foule de critères pour que la magie prenne; il faut des chercheurs, il faut les meilleurs chercheurs du monde dans leur domaine, il faut des entreprises, des PME, des multinationales, du capital-risque, des investisseurs - bref, j'en passe -, des étudiants. En fait, créer un parc de toutes pièces est impossible. C'est un échec assuré. Il faut aller là où ces ingrédients existent déjà. Le parc doit, pour exister, être localisé à proximité des hautes écoles, et comme le mentionne la majorité, être proche des hautes écoles et également "sur plusieurs sites".

Pour toutes ces raisons, nous vous appelons à soutenir la majorité, c'est-à-dire la version du Conseil des Etats.

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