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Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2001-06-22

Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-06-22

Wortprotokoll

Dans quelques instants, ce Parlement va certainement accepter l'arrêté fédéral concernant l'initiative populaire "pour une durée du travail réduite", c'est-à-dire recommander le rejet de cette initiative.

Cette façon de voir est légitime du point de vue de la majorité des membres de ce Conseil parce que c'est une règle essentielle de la démocratie. Mais le groupe socialiste doit aussi regretter que, dans les rangs des partis bourgeois, personne n'ait jugé utile et nécessaire de faire quelques pas en direction de l'initiative, que ce soit sous la forme d'un contre-projet direct ou d'un contre-projet indirect. C'est d'autant plus regrettable qu'au sein de la Commission de l'économie et des redevances, nous avions fait quelques ouvertures dans cette direction. Nous prenons acte de cette attitude, laquelle nous conforte dans notre détermination de mener cette bataille devant le peuple.

Cette bataille, nous socialistes et nous syndicalistes, nous avons le devoir de la mener parce qu'en Suisse, la durée du travail est l'une des plus élevées d'Europe; parce qu'en moyenne, les Suisses travaillent deux heures de plus par semaine que les autres Européens; parce que, depuis une quinzaine d'années, plus aucun progrès substantiel n'a été accompli en matière de réduction du temps de travail sur le plan légal comme sur le plan conventionnel; parce que, pour une bonne partie du patronat suisse, la limite des 40 heures constitue désormais le nouveau mur de Berlin et que, dans de nouveaux secteurs, la négociation conventionnelle est bloquée sur cette question; parce que la réalisation de cette initiative permettrait non seulement de favoriser la création d'emplois, mais aussi de donner davantage de temps aux gens pour se former et pour leurs loisirs et de créer les conditions d'un véritable partage des tâches au sein du couple et de la famille; enfin parce que, comme le disait si bien le grand Jean Jaurès, "tout progrès vient de la pensée, et qu'il faut d'abord donner aux travailleurs le temps de penser". Eh bien, pensons et passons à la semaine de 36 heures!