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Berger Michèle · Ständerat · 2001-06-06

Berger Michèle · Ständerat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-06-06

Wortprotokoll

Comme l'auteur de la motion, je souhaite que cette intervention soit transmise en tant que telle, et non sous forme de postulat.

En effet, nous sommes arrivés à un point où nous devons mieux affirmer quelles sont les priorités de l'Etat. Ma conviction est que la formation en est une. Nous savons combien [PAGE 212] les ressources des collectivités publiques sont nécessaires pour financer les recherches, et notamment celles à long terme. Réserver un accueil positif à cette motion, c'est donner un signe d'encouragement et d'espoir aux jeunes chercheurs. C'est affirmer la nécessité de maintenir dans notre pays un réseau universitaire fort et compétent. C'est permettre à notre matière première, soit la matière grise, de se positionner aux premières places internationales.

Nous devons aussi apprendre à ne plus considérer ces ressources seulement comme une dépense, mais comme un investissement dans le savoir, investissement qui, forcément, aura un retour sur notre économie. Je sais qu'il est dans les objectifs de M. Kleiber, secrétaire d'Etat à la science et à la recherche, d'augmenter les ressources en faveur des hautes écoles suisses. Il est vrai que si nous ne faisons pas un effort immédiat et conséquent, nous irons vers une régression de nos performances scientifiques. Les autres pays l'ont compris depuis longtemps et ont largement investi dans la recherche.

La concurrence est donc rude. Il est urgent de réagir, car nos budgets ont non seulement stagné, mais sont en recul depuis ces dernières années. Afin de ne plus avoir une attitude réactive, il est indispensable d'anticiper une situation qui risque de devenir grave pour le positionnement de la recherche suisse au niveau international. Je suis persuadée qu'il n'est pas déjà trop tard. C'est pourquoi, en transmettant la motion, nous montrons notre volonté d'investir dans un domaine à forte compétence scientifique et économique. Mais il ne faut pas remettre à plus tard ce qu'il est nécessaire de faire aujourd'hui. Il en va de la viabilité de nos universités, de la motivation de nos chercheurs et de la capacité d'obtenir une infrastructure matérielle compétitive pour nos enseignants.

Transmettre cette motion, c'est aussi montrer à nos jeunes chercheurs que nous pouvons leur garantir un avenir aussi dans notre pays. C'est convenir d'éviter ce qu'on appelle la fuite des cerveaux, déjà reconnue d'ailleurs. Cela ne veut pas dire que les chercheurs ne doivent pas se former à l'étranger, mais cela revient à leur garantir un retour possible, riche en développements scientifiques à l'interne de notre pays.

Dernier élément, la motion laisse la compétence au Conseil fédéral de définir le montant du crédit à allouer. Elle n'est donc pas contraignante. Elle montre une volonté, comme je l'ai déjà dit, volonté souvent d'ailleurs appuyée par la population de ce pays, lorsque l'on considère l'appui que celle-ci donne s'agissant des crédits demandés au niveau des cantons pour nos universités. Le succès du Festival Science et Cité nous a aussi réjouis et a montré l'attachement et l'intérêt du public pour le savoir.

J'aimerais encore saluer la création du nouvel organe de la politique de l'enseignement universitaire, commun aux cantons et à la Confédération. La nouvelle Conférence universitaire suisse a aujourd'hui la chance de pouvoir prendre des décisions qui ont force légale. Je souhaite que ce nouveau centre de décision ne prenne pas que des décisions concernant des points communs ou des partenariats possibles, comme cela est indiqué dans le rapport de gestion 2000 du Conseil fédéral, mais qu'il discute également de la répartition des ressources, de celles qui doivent être financées par des institutions privées et de celles qui doivent être obligatoirement financées par les collectivités publiques. Ne faudrait-il pas, au sein de la Conférence universitaire suisse, décider s'il appartient toujours au canton siège de financer à part égale son université ou s'il appartient à la Confédération seule de financer l'université, comme elle le fait pour les écoles polytechniques? Je sais qu'un groupe de travail a été institué pour étudier l'amélioration d'une situation actuelle insatisfaisante. Le Conseil fédéral peut-il nous en dire quelques mots dans sa réponse à l'auteur de la motion?

Je vous invite à transmettre la motion Plattner en tant que telle.

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