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Hêche Claude · Ständerat · 2012-06-11

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-11

Wortprotokoll

La presse écrite régionale est en danger et je vais tenter avec vous de tirer la sonnette d'alarme. Je considère que nous ne pouvons pas assister, les bras ballants, à la fin de la diversité de la presse dans les régions périphériques. Comme pour de nombreuses autres questions, la proximité avec de grands centres joue un rôle prépondérant. Si nous voulons rester la plus belle démocratie du monde, il est alors de notre devoir de donner des armes aux petits journaux - et même aux grands - pour combattre. Il ne nous est plus permis d'attendre pour voir ou de laisser [PAGE 513] le marché fonctionner, comme le préconise la minorité de la commission.

Depuis de nombreuses années, plusieurs menaces pèsent en effet sur la diversité des journaux helvétiques: la concurrence étrangère, les nouveaux médias, la baisse des recettes publicitaires et les différentes mesures de centralisation de la Poste. Cette addition d'éléments provoque des remises en question douloureuses et parfois même fatales. Des propositions de mesures d'ici deux ans permettraient peut-être de limiter les dégâts. Dans ce contexte, anticiper et non gérer l'urgence serait la solution la plus efficace.

Face à cette situation, il faut une réelle prise de conscience du fait que la complication et le surenchérissement de certains coûts met le couteau sous la gorge à plusieurs journaux régionaux. Pour vous expliquer concrètement les difficultés de certains journaux à l'échelle de notre pays - certes petits, mais dont l'existence est vitale pour une région - je prendrai l'exemple du "Quotidien jurassien".

Les délais imposés par la Poste obligent la rédaction à boucler son édition vers 23 heures environ, ce qui est relativement tôt pour un quotidien. Concrètement, cela signifie que, si un conseil de ville, une manifestation ou un match se prolonge, livrer un texte complet tient de la haute voltige. Ensuite, le journal doit être livré à Berne avant deux heures trente du matin pour envoi dans les ménages. Les frais représentent 100 000 francs par année, bien sûr à la charge de l'éditeur. A cela s'ajoutent les livraisons - et nous ferons un peu un tour de ville et des localités - à Bienne et au Noirmont pour les lecteurs du Jura bernois et des Franches-Montagnes, ce qui ajoute 80 000 francs à la facture annuelle. Mais, la cerise sur le gâteau, c'est que, étant donné le rallongement des tournées des facteurs, de nombreux lecteurs reçoivent leur quotidien au-delà de onze heures, ce qui commence à faire tard pour des nouvelles fraîches. Cette situation provoque régulièrement des non-renouvellements d'abonnements. Voilà pour les questions pratiques de la Poste, qui rendent la tâche plus ardue et plus coûteuse aux éditeurs des régions loin des centres postaux, alors que parallèlement l'aide indirecte aux petits journaux a été réduite, comme vous le savez.

Par ailleurs, les journaux régionaux, comme les radios et télévisions régionales, remplissent effectivement une mission de service public en étant souvent un relai sur lequel les services de l'Etat comptent pour transmettre une information, pour animer le débat public et transmettre les informations régionales, voire hyperlocales parfois. Maintenir un journal édité dans un canton comme le mien est une nécessité absolue pour garantir l'identité d'une région, pour garantir la démocratie et la vitalité des institutions. Ce tableau vous montre à quel point les journaux régionaux et la presse écrite en général ont besoin d'un système d'encouragement, afin que la garantie de leur existence ne tienne pas à un fil, mais repose sur des fondements plus solides, à savoir sur une politique générale encore plus soutenue.

Aussi, je vous invite à soutenir la proposition de la majorité de la commission.