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Nordmann Roger · Nationalrat · 2013-11-28

Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-11-28

Wortprotokoll

Cette initiative poursuit un objectif très simple: que chacun puisse vivre décemment du fruit de son travail à plein temps. En Suisse, 12 pour cent des personnes actives gagnent moins de 4000 francs pour une activité à plein temps. Avec le niveau élevé du coût de la vie en Suisse, ce n'est plus acceptable. Dans ces conditions, il est très difficile de faire tourner un ménage, spécialement s'il y a des enfants. En Suisse, nous avons des personnes actives à plein temps, par exemple des pères et des mères de famille, qui sont obligés d'aller quémander l'aide sociale pour boucler les fins de mois. C'est tout simplement indigne.

Pour les entreprises qui paient ces salaires de misère, c'est une façon de se faire subventionner par l'Etat. C'est aussi [PAGE 1868] une forme de concurrence déloyale par rapport à toutes les entreprises qui paient correctement leurs salariés.

Fixer un salaire minimum de 22 francs bruts de l'heure, comme le propose l'initiative, réduira la charge de l'Etat, que ce soit sous la forme de l'aide sociale, de subventionnements de primes d'assurance-maladie ou, pour les cantons qui les connaissent, sous la forme de prestations complémentaires pour les familles.

Enfin, la fixation d'un salaire minimum contraignant aura un effet particulièrement favorable sur les femmes, car elles sont davantage victimes de ces mauvaises pratiques. Aujourd'hui, 16 pour cent des femmes actives touchent un salaire inférieur à 4000 francs pour un plein temps, alors que ce sont seulement 6 pour cent des hommes qui sont dans cette situation. Concrètement, dans le commerce de détail, pour un travail à qualification égale et avec le même cahier des charges, les femmes gagnent 630 francs de moins par mois. C'est d'ailleurs la preuve que cette initiative ne produira pas de chômage: si un magasin de mode peut payer un vendeur 4000 francs, il n'a pas besoin de payer une vendeuse 3370 francs.

Je vous demande donc de soutenir cette initiative. C'est une question de dignité.