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Savary Géraldine · Ständerat · 2013-12-09

Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-12-09

Wortprotokoll

Je dois annoncer mes liens d'intérêts: je suis présidente de la section de mon canton d'une petite association qui est l'Association suisse des assurés. Comme il y a eu un certain nombre de représentants des caisses-maladie qui se sont exprimés, je ne pense pas complètement inutile de témoigner aussi au nom de toutes ces personnes qui viennent nous voir au cours de la semaine où les primes d'assurance-maladie sont communiquées et où il s'agit de changer de caisse-maladie. Il faut voir à quel point les gens sont déboussolés, inquiets, en particulier les personnes âgées, parce que ce système ils ne le comprennent pas. Ces gens craignent tant de rester dans la même caisse que d'en changer, c'est dire si le système est compliqué. Je dirai que si le stress est un facteur de risque pour la santé et que si les risques pour la santé sont à la charge de l'assurance-maladie, des assureurs, eh bien, la concurrence entre caisses leur coûte extrêmement cher!

Cela a été dit, si toutes ces personnes, tous ces assurés sont complètement perdus au moment où ils doivent changer de caisse, c'est bien parce qu'il y a une vraie crise de confiance non pas entre le législateur et la population, non pas de la part des personnes qui bénéficient du régime de l'assurance-maladie, mais c'est bien parce que la loi sur l'assurance-maladie est pervertie aujourd'hui par la complexité créée par celles et ceux qui mettent en oeuvre le système de santé et, dans ce cas particulier , par les caisses-maladie. Cette complexité fait que les habitants de ce pays se désintéressent de la gestion de la politique de santé, se déresponsabilisent et ne font plus attention à leur propre consommation, selon le principe: "On en a pour notre argent, donc si on consomme trop, plus que prévu, ce n'est pas très grave."

Et deuxièmement je dirais aussi - cela a déjà été évoqué par un certain nombre d'intervenants - que les primes ne suivent pas les coûts et que la Confédération n'a pas le contrôle de la hausse des primes. Ces dernières ne correspondent donc pas à l'évolution des coûts. Nous avons de longues discussions sur ces questions-là depuis plusieurs années ici au Parlement et aujourd'hui encore, évidemment, ce problème n'est absolument pas réglé, parce que la multitude des caisses rend le contrôle absolument impossible.

Et puis, je m'étonne qu'à vous entendre, chers collègues, - en particulier les membres de la commission, et c'est aussi pour cela que je me suis finalement inscrite pour m'exprimer brièvement -, on a l'impression qu'on vit dans un pays de cocagne et, qu'au fond, tous les problèmes sont résolus, sont en passe d'être résolus, que tous les problèmes qui ont été répertoriés par nous-même - par nous-mêmes, chers collègues! -, vont être résolus avec un peu de bonne volonté ou bien que la concurrence fera en sorte que les choses fonctionnent bien. Cela m'étonne véritablement parce que, comme chaque année, au moment-même où les primes tombent, les problèmes sont répertoriés. Nous sommes réunis ici pour discuter d'un certain nombre de questions qui touchent à l'avenir de notre système de santé et, à chaque fois, aucun des problèmes n'est résolu, qu'il touche à la sélection des risques, à la gestion des maladies chroniques, à la multiplication des cabinets médicaux, au manque de réseaux intégrés de soin, à la maitrise des coûts. A chaque fois, ce sont des occasions ratées, à chaque fois, la volonté politique, la volonté des acteurs, manque. Et si nous n'avons pas résolu ces problèmes, c'est en raison de l'existence de ces caisses qui démontrent une volonté de bloquer toute réforme inversement proportionnelle à celle d'améliorer notre système de santé.

Alors c'est aussi de ces blocages permanents que cette initiative populaire est née. Elle n'est pas née pour faire plaisir à un parti politique. Elle est née parce que les problèmes n'ont pas été résolus depuis un certain nombre d'années. Maintenant, l'occasion de le faire est devant nous. Je vous invite à ouvrir les yeux, à vous débarrasser des oeillères idéologiques, à ne pas craindre la caisse publique comme si c'était une soviétisation de la Suisse, mais au contraire à considérer que c'est un système qui a fait ses preuves dans d'autres domaines, et à montrer à la population que le Parlement souhaite avancer dans une réforme indispensable à notre système de santé.