Ruey Claude · Nationalrat · 2008-03-05
Ruey Claude · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-03-05
Wortprotokoll
Madame Meyer, rapporteure de langue française, vient d'expliquer en fait quel est le problème: la majorité de la commission propose de modifier la version que notre conseil avait adoptée en première lecture; pour ma part je vous invite, au nom de la minorité I, à maintenir la décision initiale de notre conseil.
Que prévoit ce texte? Il prévoit que le principe de base de la loi, le but que nous devons tous viser, c'est de favoriser l'abstinence: c'est clair, c'est net. Le texte repris du Conseil des Etats - même déplacé - parle bien d'abstinence, mais il la relativise, il l'amoindrit, en parlant de prévention qui favorise "notamment" l'abstinence. C'est donc une restriction mentale, et nous ne pouvons pas accepter ceci, parce que l'abstinence ne peut pas être un but secondaire, c'est le principe cardinal de toute politique de lutte contre l'abus de stupéfiants et le message doit être clair! On ne peut pas dire: "Un petit peu d'abstinence, et puis un peu d'autre chose!" [PAGE 74] C'est l'abstinence! C'est la consommation de stupéfiants qui doit être combattue - sauf si les stupéfiants sont utilisés comme médicaments; le message consiste à dire que consommer des drogues, ce n'est pas bon, c'est mauvais et qu'il faut s'abstenir. Et les jeunes ont besoin de messages clairs. Quand on connaît les drames, les tragédies qui existent dans les familles et chez les jeunes lorsqu'il y a des victimes de la drogue, on ne peut avoir qu'un message pour ceux qui ne sont pas encore consommateurs: "Abstenez-vous!" C'est le but auquel nous devons tous tendre.
Cela dit, qu'on me comprenne bien: cela ne signifie pas qu'on doive renoncer à d'autres mesures; cela ne signifie pas qu'on doive renoncer à des thérapies diverses, à la prévention tertiaire par exemple. Bien sûr que si l'on n'a pas pu vivre l'abstinence - et cela arrive -, il faut accompagner, aider, soigner. Je ne fais pas d'angélisme à ce sujet: l'abstinence est le but, elle ne peut pas toujours être vécue, mais on ne doit pas renoncer au but, sous prétexte qu'elle ne peut pas toujours être vécue. Le reste est subsidiaire par rapport au principe de base.
Alors osons affirmer clairement la ligne et je me réfère à ce principe sacré qui dit: "Que ton oui soit oui, que ton non soit non!" C'est ce que je vous demande, c'est cette clarté de message que je vous invite à soutenir.