Beck Serge · Nationalrat · 2001-09-19
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2001-09-19
Wortprotokoll
Ce qui doit distinguer, dans une démocratie moderne, l'effort de défense et de sécurité des autres actions, c'est que cette action-là ne doit pas être conjoncturelle. L'histoire a beaucoup à nous enseigner à ce propos. Rappelez-vous ce qui se passait en 1938 lorsque MM. Chamberlain et Daladier sont rentrés de Munich! La paix était signée pour une période de très longue durée.
Je crois que c'est léger que de s'attaquer à ce programme d'armement, parce que nous n'avons pas à céder à des événements conjoncturels. D'ailleurs, ceux qui s'attaquent à ce programme sont ceux qui se sont attaqués à chaque programme d'armement que nous avons discuté dans cette assemblée depuis de nombreuses années. A quelques exceptions près, mais en particulier en ce qui concerne la gauche, chaque programme d'armement a été contesté. Vous constaterez avec moi que jamais nous n'avons entendu, du côté gauche de l'hémicycle, des propositions pour compenser ces économies financières dans un autre domaine de la sécurité publique. Bien au contraire, les mêmes intervenants de gauche qui attaquent ce programme d'armement sont ceux qui ont tout fait pour amenuiser les performances des services secrets, ceux qui ont tout fait pour entraver la pratique d'écoutes téléphoniques et nous allons voir dans les prochains jours, nous l'avons déjà entendu partiellement ce matin, les mêmes venir nous rabâcher les attentats terroristes pour nous dire que nous devons nous mobiliser contre le terrorisme, ce qui suppose justement que nous réanimions les moyens pour la sécurité publique dans le domaine des services de renseignement, dans le domaine d'écoutes téléphoniques préventives que, il y a quelques sessions, nous avons entravés.
Je vous invite à ne pas conduire la même démarche erronée, la même démarche zigzagante dans le domaine de l'armement conventionnel. Les menaces sur la sécurité publique et sur le devenir de notre peuple ne sont pas alternatives, contrairement à ce qu'un certain nombre d'intervenants veulent nous dire. Elles sont cumulatives. Nous avons à la fois le danger d'attentats terroristes et d'une menace beaucoup plus diffuse qu'elle ne l'a été par le passé, mais nous avons, et nous aurons toujours, la menace de guerres conventionnelles. Et les prophètes auxquels faisait allusion M. Cuche tout à l'heure, qui peuvent garantir au peuple suisse que pendant les 15 à 20 ans, il n'y aura pas de conflit avec des armements traditionnels en Europe, sont de purs spéculateurs et nous avons à considérer leurs propos avec beaucoup de circonspection.
Maintenant, je regrette, ainsi que l'ensemble du groupe libéral, que le Conseil fédéral, déstabilisé de manière répétée par les attaques qui sont faites contre le système de défense nationale, n'ait pas eu l'audace de maintenir dans le programme d'achat d'armement les deux avions de transport dont nous avons parlé tout à l'heure. Je soupçonne M. Schlüer de le savoir pertinemment: ces avions ont été évalués; deux modèles ont été retenus pour une évaluation complète, ça n'est pas un achat léger qui vous est proposé, c'est bel et bien un achat réfléchi. Le département a parfaitement conduit l'évaluation de ces appareils, appareils qui, s'ils figuraient dans ce programme d'armement, démontreraient justement, Monsieur le Conseiller fédéral, qu'il y a une volonté de redéploiement de notre engagement, que ce soit [PAGE 1054] au service de la paix, ou comme moyen de transport qui permettrait également des interventions dans le domaine de l'aide humanitaire qui relève de la DDC, et dans le domaine des secours suisses en cas de catastrophe. Il y a là, je crois, un devoir de solidarité de notre pays à l'égard de la communauté internationale.
Je vous invite donc à refuser fermement le hérisson qui nous est proposé par M. Schlüer et à soutenir la proposition de minorité Eggly pour l'acquisition de deux avions de transport qui ont été parfaitement évalués.