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Recordon Luc · Ständerat · 2010-06-10

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2010-06-10

Wortprotokoll

Je ne suis pas entièrement satisfait, mais je tiens tout de même à souligner que cette question à propos du vote électronique est prise tout à fait au sérieux, à mon avis, par la Confédération et par les cantons concernés. Je m'en réjouis, parce que c'est vraiment une chose que l'on ne saurait prendre à la légère.

Toute dérive dans ce domaine peut créer un dommage institutionnel extrêmement important et de longue durée. Si l'on ne peut pas avoir confiance dans les résultats des élections et votations, ce serait une véritable catastrophe institutionnelle pour notre pays, ou pour n'importe quel autre Etat. Il n'est que de voir ce qui se passe dans certains pays lorsqu'il y a bourrage des urnes ou tout autre manoeuvre qui fausse les résultats. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la Suisse envoie fréquemment des observateurs pour soutenir le fonctionnement des élections et des votations dans différents pays où se pratiquent dans ce domaine des méthodes discutables, pour ne pas dire davantage, afin de renforcer ce pilier numéro un, je crois, de la construction et du maintien de la démocratie.

C'est pour cette raison que je me suis intéressé aux risques que nous fait courir le vote électronique. Nous avons assez d'exemples d'abus liés à la cybercriminalité ou en tout cas à une utilisation malveillante des moyens de l'informatique et des télécommunications. Nous avons approuvé il y a peu encore un postulat sur la lutte contre la cyberguerre. Nous connaissons les attaques contre la Lettonie ou contre le Département fédéral des affaires étrangères, qui ont été discutées à cette occasion. Nous avons parlé tout à l'heure très en détail dans plusieurs interventions parlementaires des problèmes qui se posent en raison du contrôle très difficile - et parfois d'ailleurs pas souhaitable - d'Internet, et évidemment des abus que cela peut générer. Mais en ce qui concerne le vote électronique, je pense que nous devons être encore plus attentifs que pour bien d'autres questions que nous avons discutées ce matin ou précédemment.

A ce titre, et après ces longs prolégomènes - excusez-m'en -, je crois vraiment qu'il y aurait besoin d'aller plus loin dans les précautions et qu'il y aurait vraiment des programmes d'exercice - en quelque sorte, comme on fait des exercices militaires - qui devraient être mis sur pied, pour tenter, avec les meilleures compétences informatiques, de craquer le système.

Je pense qu'il faudrait presque un concours de "hacking" - pour employer ce vocable franglais détestable -, des concours dont le but serait de craquer le système pour essayer d'en trouver les limites, car je suis absolument persuadé qu'on n'a pas encore une idée très précise des limites de la fiabilité du système et que, forcément, on ne développe donc pas les meilleures pratiques de défense de ce système.

D'autre part, il me semble aussi que l'utilisation de programmes assez standard, de logiciels assez standard, est une faiblesse extrêmement importante. Le développement de solutions plus sur mesure, probablement de type "open source" - pour employer un autre terme de franglais -, c'est-à-dire des logiciels libres, offrirait probablement une meilleure protection, parce que ça complique quand même passablement la vie de ceux qui veulent craquer un système informatique que d'avoir affaire à un système de logiciel libre, qui est évolutif, qui n'est pas très connu - il faut d'abord identifier le code source, qui est différent de celui d'un code source absolument standard -, et ça représenterait aussi un élément de protection important.

Pour ne prendre que ces deux exemples, et en admettant bien volontiers que je ne suis qu'un amateur plus ou moins éclairé et non pas un professionnel du domaine, je pense que la réponse que j'ai reçue est intéressante, mais qu'il y a encore beaucoup à faire.