Lexipedia

Rossini Stéphane · Nationalrat · 2013-12-10

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-12-10

Wortprotokoll

J'ai le plaisir de vous demander de soutenir la proposition de la minorité Aubert à l'article 17a qui a pour but de donner une impulsion nouvelle en se positionnant du côté des personnes concernées par la formation continue. Nous avons entendu depuis quelques heures répéter quelle était l'importance de la formation continue pour le développement des personnes, des entreprises, le progrès technologique, etc. Nous avons entendu un certain nombre de propos concernant la structure de la formation continue et la performance de cette structure. Tout cela est très bien et très important. Mais si on ne met pas l'accent sur les personnes, on rate la cible.

Toutes celles et tous ceux qui connaissent, sur le plan de la formation continue, les pratiques, les difficultés d'accès, les difficultés de financement et surtout les innombrables inégalités de traitement qui existent selon les branches économiques ou les types d'entreprise, se doivent de réagir. Nous ne pouvons pas élaborer une loi sur la formation continue, c'est-à-dire faire un progrès important en termes de conditions-cadres, sans tenir compte de la réalité que connaissent les personnes, sans quoi nous en resterions à de bonnes intentions.

Cette proposition est un concept qui allie, d'une part, la possibilité pour les gens de suivre un parcours de formation continue long et, d'autre part, la problématique de l'âge de la retraite dans une optique qui introduit une compensation financière. Le coeur de cette proposition permet de compléter le cadre structurel de la loi par une mesure concrète; elle permet de dépasser le statu quo et le simple discours. Elle permet enfin d'être ambitieux et de donner à cette loi une dimension originale.

Les recherches réalisées dans le domaine de la formation continue montrent toute l'importance que revêt pour les personnes le fait de prévoir des conditions-cadres qui puissent leur être favorables et leur permettre surtout d'entreprendre des formations longues et certifiées.

On a mentionné dans le débat d'entrée en matière les certificats, diplômes, masters de formation continue. Pour que ces types de formation continue puissent être réussis par les personnes qui les suivent, il faut que ces formations obéissent aussi à certaines conditions. Nous l'avons vu - les études le montrent très clairement -, il y a un frein extrêmement important à l'accès à ces formations continues de longue durée en raison des pertes de revenus. D'où ce concept qui permettrait aux personnes qui entreprennent une formation continue de longue durée d'obtenir une compensation financière, en lien avec les prestations de l'assurance-vieillesse et survivants, notamment pour le montant, mais qui, en contrepartie, exige - et c'est toute l'originalité de cette proposition - de repousser l'âge de la retraite au maximum d'une année pour les personnes qui ont pu profiter de la compensation de la perte de gain.

La proposition est audacieuse, certes, mais nous sommes ici au coeur du vrai problème, celui des conditions d'accès à la formation continue et surtout à celle de longue durée. Si nous ne réglons pas cette question d'une manière ou d'une autre, nous resterons dans un pays dans lequel - le terrain le montre très concrètement - les inégalités d'accès demeureront très grandes. Cette proposition a pour but par ailleurs de soutenir avec force les travailleurs âgés. Si nous voulons que ces derniers puissent rester plus longtemps à leur place de travail en conservant une productivité élevée, il faut leur donner les moyens de conserver cette capacité et de participer à des cursus de formation continue de longue durée.

Voilà les éléments qui plaident en faveur de la proposition de la minorité Aubert, et je vous invite, au nom de la minorité, à la soutenir.