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Savary Géraldine · Ständerat · 2014-03-05

Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-03-05

Wortprotokoll

Je souhaite soutenir Monsieur Bischof concernant l'industrie graphique. Issue d'une famille d'imprimeurs, je suis à ce titre particulièrement sensible à cette question.

J'y suis particulièrement sensible parce qu'on se rend compte partout dans notre pays à quel point l'industrie graphique, comme l'a dit l'auteur de l'interpellation, d'une part a subi une réelle révolution technologique - d'une immense brutalité, comparable sans doute à aucun autre secteur industriel -, et d'autre part est livrée à une concurrence européenne sur les prix. Les entreprises subissent une pression très forte. Pour le personnel, il s'agit également d'une situation particulièrement difficile.

L'industrie graphique s'est toujours caractérisée par la qualité de sa formation. On parle souvent du personnel de l'industrie graphique comme étant l'"élite" du prolétariat. Il s'agit en effet de personnes bien formées, souvent cultivées, qui ont le souci du détail, du travail bien fait, qui vouent un amour à l'écrit, à l'impression, aux livres, aux journaux. Bref, un monde professionnel qui a beaucoup donné à notre pays et qui est doté d'un savoir-faire et de compétences particulièrement impressionnantes. Avec la crise de l'industrie graphique, le personnel de cette branche fait face à une situation très difficile. Pour un imprimeur ou un typographe de 55 ans, se réintégrer professionnellement n'est pas chose aisée.

Le Conseil fédéral reconnaît qu'il faut des mesures de réintégration professionnelle. Je trouve toutefois dommage que l'on ne considère pas la crise que traverse l'industrie graphique comme étant un problème qui touche particulièrement cette branche. Au niveau de l'assurance-chômage, il s'agirait de prévoir non seulement la réintégration, mais aussi la reconversion professionnelle du personnel de l'industrie graphique. Un typographe, un imprimeur qui est licencié parce que son entreprise ferme ou doit dégraisser a très peu de chances, voire aucune, de retrouver une activité professionnelle dans son domaine. Je le répète: il s'agit de personnes bien formées, avec un bagage culturel et socio-économique non négligeable. Pour offrir une reconversion à ces personnes, on pourrait imaginer des solutions qui incluraient un apprentissage, une formation continue dans le cadre de l'assurance-chômage, comme cela a été fait pour l'industrie horlogère.

La capacité d'innovation doit exister dans les entreprises de l'industrie graphique. Mais elle doit aussi exister au sein de l'administration fédérale pour indiquer comment dans ce secteur on peut faire en sorte que la reconversion du personnel soit possible. Donc je vous pose la question, Monsieur le conseiller fédéral, de savoir s'il n'y aurait pas la possibilité d'offrir à ces typographes, à ces imprimeurs de vraies formations qui leur permettraient alors de changer d'orientation et d'offrir leurs compétences, leur savoir-faire sur un marché du travail plus souple?