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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2014-06-10

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2014-06-10

Wortprotokoll

Les Verts partagent les préoccupations des initiants concernant la surexploitation des ressources, mais pas le reste de leur analyse. Oui, la pression démographique est un facteur qui influence notre impact environnemental, mais ce n'est qu'un facteur parmi d'autres. Cela n'a aucun sens de dire que la Suisse ne pourrait supporter tel ou tel nombre d'habitants. Tout dépend de [PAGE 967] leur mode de vie, en particulier en matière de consommation, d'habitat et de mobilité.

De plus, l'instrument migratoire est un leurre. Le fait que tel ou tel travailleur allemand, italien ou français soit actif dans nos frontières ou hors d'elles ne modifie en rien son impact environnemental global. Seuls les changements de comportements ou de technologies effectués par chacun d'entre nous, quel que soit notre passeport et où que nous vivions, sont déterminants. La surexploitation des ressources n'a ni frontières ni nationalité.

Ecopop se trompe ainsi d'abord d'indicateurs en se concentrant sur le facteur démographique. Il se trompe ensuite d'instrument en prétendant régler nos problèmes environnementaux en fermant nos frontières. C'est notre empreinte écologique que nous devons réduire, en Suisse et dans le monde. C'est pourquoi les Verts ont déposé leur initiative "Pour une économie verte", dont le contre-projet est actuellement traité par nos collègues au Conseil des Etats.

Plutôt que de couper la Suisse de l'Europe et du monde, ce qui déboucherait sur une crise économique et sociale majeure, nous devons changer notre économie pour la rendre plus efficiente et plus durable. Nous devons aussi mieux maîtriser notre croissance économique. Certaines régions vivent une forme de surchauffe de la croissance qui peut avoir un impact négatif sur la qualité de vie de leurs habitants. Or ces régions pourraient mieux gérer leur développement en soumettant par exemple leur politique de promotion économique à des critères de durabilité. La même politique de maîtrise ciblée devrait être appliquée au domaine de l'aménagement du territoire et de la mobilité. Evidemment, un tel projet implique que nous acceptions de repenser nos pratiques économiques et nos comportements de consommation.

Aux yeux des Verts, c'est dans un tel engagement, tant individuel que collectif, que se trouve la solution à notre surconsommation de ressources et non dans la désignation de boucs émissaires, car nous sommes tous responsables, Suisses ou migrants, que nous vivions ici ou au-delà de nos frontières, de la transmission d'un patrimoine naturel intact à nos descendants.