Bourgeois Jacques · Nationalrat · 2014-06-10
Bourgeois Jacques · Nationalrat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2014-06-10
Wortprotokoll
Personne ne conteste le fait que nos ressources naturelles doivent être mieux préservées. Nous n'avons d'ailleurs pas attendu cette initiative pour prendre des mesures, et ceci dans de nombreux domaines, que ce soit au niveau de l'énergie, de l'aménagement du territoire ou de l'agriculture, pour ne citer que ces exemples.
Le point qui à mon sens pose le plus de problèmes et qui doit nous interpeller est l'alinéa 2 qui prévoit de limiter drastiquement le solde migratoire. Une telle mesure diviserait environ par cinq notre solde migratoire actuel. On l'a entendu avec les différents chiffres qui ont été évoqués, je n'y reviendrai pas. Nous savons tous que nous sommes tributaires de la main-d'oeuvre étrangère pour le bon fonctionnement de notre économie. Comment allons-nous faire, si nous figeons ainsi l'immigration, avec notre évolution démographique, qui compte actuellement plus de personnes qui prennent leur retraite que de jeunes qui entrent dans la vie active? A l'horizon 2020, en nous basant sur la situation actuelle, nous aurons un déficit de près de 45 000 personnes actives à combler. Sommes-nous prêts à réduire notre développement économique, à ne plus garantir le plein emploi, à entrer dans une décroissance avec à la clé une augmentation de notre taux de chômage, ainsi qu'à précariser notre population? Non, je ne crois pas que ce soit là le désir de notre population.
Dans le domaine de l'immigration, l'acceptation de l'article constitutionnel 121a par le peuple le 9 février dernier a déjà inscrit au niveau constitutionnel la gestion autonome de l'immigration et la fixation de plafonds par la Confédération. Ces contingents doivent tenir compte des intérêts économiques globaux de notre pays, dans le respect de la préférence nationale. Une équation à plusieurs inconnues devra être résolue avec, d'un côté, une immigration à maîtriser et, de l'autre, une croissance économique à garantir, pour tous les secteurs économiques confondus, sans pour cela couper les ponts avec l'Union européenne.
Pour toutes ces raisons, je vous invite à recommander le rejet de cette initiative populaire qui est dangereuse pour notre économie et par conséquent pour nos emplois.