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Darbellay Christophe · Nationalrat · 2011-05-31

Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2011-05-31

Wortprotokoll

Au nom du groupe PDC/PEV/PVL, j'exprime notre soutien inconditionnel à l'ensemble des instruments de promotion économique tels que présentés dans ce message. Qu'il s'agisse de promotion des exportations, de soutien au tourisme, d'innovation touristique, de nouvelle politique régionale, de cautionnement en faveur des entreprises et j'en passe; chacun des instruments a sa propre importance, chacun fait partie d'un tout destiné à renforcer l'attractivité de la place économique suisse, destiné à raffermir l'emploi et la croissance dans ce pays. L'ensemble des mesures permettra sans aucun doute de pérenniser le succès économique de la Suisse, ici comme à l'étranger.

A part la Norvège, aucun pays n'a si bien traversé la crise que la Suisse. Cette crise fut la plus profonde en un peu plus de 80 ans. Le taux de chômage en Suisse est bas, l'endettement est bas; la qualité des infrastructures, la compétitivité de nos entreprises n'est plus à démontrer. C'est comme si vous attrapez la grippe alors que vous êtes en bonne santé. C'est beaucoup plus facile d'en guérir; c'est ce qui se passe pour la Suisse. La bonne santé avant la crise lui a permis de traverser cette crise sans trop de dommages. Ceci aussi grâce à une intervention ciblée, décidée par le Conseil fédéral et par ce Parlement, parfaitement en ligne avec les attentes de notre groupe parlementaire.

Les mesures spécifiques pour le tourisme sont venues renforcer ce plan anticrise; elles ont prouvé leurs effets. Le fort effet de relance est évident; nous défendons donc la voie de la majorité dans pratiquement toutes les propositions qui vous sont faites ce matin, sauf sur un point. Ce point concerne le tourisme et c'est dès lors à ce domaine d'activités important que je vais consacrer l'essentiel de mon développement.

La commission n'a pas été si généreuse, dans le fond. Elle a simplement permis de maintenir le montant actuel, tenant compte de l'inflation et tenant compte du fait que le Conseil fédéral ne nous a jamais proposé d'augmentation. Il est faux de dire que le Conseil fédéral propose une augmentation par rapport à la période précédente. Ce qu'a fait la commission est donc logique: ce n'est pas un grand cadeau, cela revient simplement à rajouter 20 millions pour Innotour. En revanche, ce que le Conseil fédéral a prévu de faire, c'est de maintenir Innotour, au détriment de l'aide accordée à Suisse Tourisme. Par conséquent, je crois qu'il faut maintenir l'instrument Innotour pour l'innovation dans le tourisme - il est apprécié et efficace -, mais il ne faut pas le maintenir au détriment de Suisse Tourisme; ce serait une erreur.

La proposition de la minorité que notre groupe parlementaire défend, c'est d'ajouter le montant d'environ 12 millions de francs, qui a été consacré dans le dernier programme de mesures pour contrer la force du franc, au montant proposé par la majorité. Il n'est ni logique, ni supportable de donner d'une main et de reprendre de l'autre. Il est important de prendre des mesures pour contrer la force du franc, sans retrancher le montant prévu les années suivantes. Il faut dire simplement: "On connaît les prévisions; on sait que le franc va rester très fort. Par conséquent, on est prêt, un peu comme on le fait dans le secteur agricole, à octroyer des crédits supplémentaires si le franc suisse reste à un niveau aussi élevé." Je crois qu'on doit tenir compte de ce qui s'est passé hier avec le niveau de l'euro anormalement et historiquement bas à 1,21 franc. Il y a par conséquent de très bonnes raisons de faire cet effort.

Le tourisme est une branche qui est très tributaire des variations monétaires. Aujourd'hui toutes les branches d'exportation souffrent de la force du franc, mais le tourisme souffre particulièrement de cette situation. Aucune perspective à moyen ou long terme de baisse substantielle du niveau du franc suisse n'est envisagée.

Le potentiel de développement de nouveaux marchés est très fort pour le tourisme suisse. Il n'y a pas d'alternative à une stratégie de croissance. Comme l'a dit le Conseil fédéral dans une réponse à un postulat que j'avais déposé: "On veut la croissance, mais on ne s'en donne pas les moyens." Je crois qu'il y a là une erreur de casting. Ce qu'on veut, c'est continuer à travailler avec les marchés existants - et le meilleur moyen de faire venir les touristes, c'est de faire de la publicité et du marketing -, mais c'est aussi d'aller sur de nouveaux marchés, notamment ceux de l'Amérique du Sud - le Brésil tout particulièrement - et de l'Asie. L'an dernier, les taux de croissance de ces marchés étaient absolument phénoménaux: 16 pour cent pour l'Asie et 9 pour cent pour l'Amérique du Sud. On doit être conscient de cette concurrence extrêmement forte sur les marchés, des prix très bas, des offres alternatives. Par conséquent, on doit investir plus.

Suisse Tourisme a un très bon bilan. Suisse Tourisme a aussi des chiffres pour prouver l'efficacité de son activité et de ses activités de promotion. Je pense notamment à une étude de l'Université de Saint-Gall, qui démontre très clairement que 16,7 pour cent des nuitées touristiques en Suisse sont dues directement à l'activité de Suisse Tourisme. Lorsqu'il s'agit de nouveaux clients, venant en Suisse pour la première fois, c'est le tiers des nuitées touristiques qui relève directement de l'activité promotionnelle de Suisse Tourisme.

Ce qui est vraiment impressionnant, c'est de voir qu'un franc dépensé pour Suisse Tourisme génère 41 francs de chiffre d'affaires dans tout le pays! 41 francs et 6 francs d'impôt. Par conséquent, on doit redire l'importance de cette branche, pour toutes les régions du pays: pour la montagne, pour la ville. Le tiers du tourisme suisse, c'est la ville, avec un potentiel de croissance très important; 175 000 emplois dans tout le pays, ce qui correspond pratiquement à l'importance, en nombre d'emplois, de la place financière; c'est le troisième secteur économique à l'exportation; et cela représente 35 000 petites et moyennes entreprises.

J'invite ceux qui défendent les petites et moyennes entreprises, dans toutes les régions du pays, à soutenir ici la minorité. Ce que propose la minorité n'est pas uniquement une dépense supplémentaire, c'est un investissement dans la croissance d'un secteur important. Il s'agit en premier lieu de travailler sur les divers marchés. Il en va de l'importance de compenser la baisse du nombre moyen de nuitées des gens qui viennent en Suisse, qui est passée de 2,9 à 2,2. Par conséquent, il faut avoir 25 pour cent de touristes supplémentaires pour compenser la forte diminution du nombre moyen de nuitées.

Je redis donc ici l'importance de soutenir la minorité, de faire ce geste pour la croissance, d'investir surtout dans le potentiel du tourisme. Le World Economic Forum a dit, dans une étude très fouillée, que la place touristique suisse disposait du premier potentiel de croissance. La question aujourd'hui est la suivante: voulons-nous laisser ce potentiel de croissance aux Français, aux Egyptiens, aux Italiens? Ou voulons-nous saisir la chance qui est offerte à la Suisse de développer toutes les régions du pays, les villes, la montagne et la plaine?