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Favre Charles · Nationalrat · 2011-05-31

Favre Charles · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-05-31

Wortprotokoll

Le groupe libéral-radical soutient la politique économique du Conseil fédéral et en particulier la politique de promotion économique. On nous propose aujourd'hui une adaptation des instruments de la promotion économique et un cadre financier pour la période 2012-2015. Nous entrerons en matière sur ce projet.

Nous faisons les constats suivants. Nous avons aujourd'hui une place économique forte - cela est reconnu dans les différents classements internationaux -, qui a bien résisté à la crise économique que nous avons connue. Notre place économique est essentielle pour maintenir notre niveau de vie et l'équilibre de notre société. Cependant, notre place économique est sous une pression constante: la pression de la concurrence internationale - la montée des pays émergents, notamment l'Inde, la Chine, le Brésil - et également la pression de la forte valorisation du franc suisse - valorisation dépendant de facteurs conjoncturels, mais également structurels.

Avant de parler strictement de la promotion économique, nous aimerions rappeler l'importance des conditions-cadres, pour lesquelles nous nous battons régulièrement, à savoir la qualité de la formation, la qualité de la recherche et du développement, la flexibilité du marché du travail, la fiscalité et la nécessité d'avoir des infrastructures performantes.

Le projet du Conseil fédéral repose sur trois piliers: la promotion du développement de la place économique, la promotion des utilisateurs de cette place et la promotion de l'image de cette place. Cette articulation et le positionnement des différents projets nous semblent cohérents.

Dans le volet concernant le développement de la place économique, nous insistons sur l'importance qu'il y a de faciliter la vie des entreprises et la collaboration avec l'administration, d'où l'importance de développer des instruments tels que la cyberadministration, l'importance de rechercher sans cesse les allègements administratifs possibles - il en existe. Et là, le Conseil fédéral se donne quelques forces; nous sommes d'accord avec cette proposition.

On nous propose également d'ancrer Innotour sur le long terme dans l'arsenal de nos outils de promotion. Nous y sommes favorables: Innotour a fait la preuve de son efficacité depuis 1998. Notre tourisme a besoin d'innover sans cesse et je viens de rappeler l'importance de la formation dans tous les secteurs, donc également dans le secteur du tourisme. Rappelons à ce propos que les moyens demandés pour Innotour sont ceux que nous connaissons aujourd'hui, à savoir environ 20 millions de francs par année.

Dans le secteur de la promotion des utilisateurs de la place économique, nous constatons que la politique gagnante de ces dernières années est maintenue et pérennisée, et nous sommes d'accord avec cette idée. Nous insistons sur le rôle très positif du système de cautionnement des arts et métiers. Nous avons réorganisé ce système il y a quelques mois à peine. C'est un instrument efficace pour les PME, en particulier pour les PME que j'appellerai traditionnelles, qui sont véritablement fondamentales pour notre système économique.

En ce qui concerne le troisième pilier de la promotion économique, à savoir la promotion de l'image de la place économique, il est lui aussi essentiel. En effet, si nous avons de nombreux atouts, il faut encore le faire savoir autour de nous, à l'étranger. L'arrivée d'entreprises étrangères chez nous participe au développement de notre haut niveau de vie et la venue de touristes étrangers, que ce soit du tourisme d'affaires ou de loisirs, est une source de revenu essentielle, en particulier pour les régions plus périphériques de notre pays.

Si la qualité de la place économique est reconnue à l'étranger, la concurrence est rude et chaque pays reconnaît l'importance de créer des emplois, de faire venir aussi des entreprises qui créent justement de la valeur ajoutée. Tout cela est une affaire de marketing, lequel est aujourd'hui bien fait par l'OSEC. Nous considérons qu'il faut se donner les moyens de cette politique. Nous ne sommes pas de ceux qui désirent aujourd'hui stopper la promotion économique parce qu'il y a des effets secondaires qu'il s'agit de gérer. Il s'agit de piloter ce développement économique; le négliger serait absolument suicidaire.

Le tourisme suisse est bien entendu de première importance; il est face à une situation conjoncturelle et structurelle difficile. Sur le plan conjoncturel, il y a la force du franc suisse qui fait que les touristes suisses ont peut-être tendance à aller à l'étranger et les étrangers à moins venir en Suisse. D'où la nécessité des 12 millions de francs supplémentaires accordés par la Confédération pour 2012, somme qui figure à l'article 1 alinéa 2 de l'arrêté fédéral concernant l'aide financière accordée à Suisse Tourisme pour les années 2012-2015.

Prendre des mesures de soutien vu la situation conjoncturelle est bien entendu nécessaire; encore faut-il maintenir les moyens de base de la promotion touristique par le truchement de Suisse Tourisme et ne pas les diminuer, comme le propose le Conseil fédéral. En effet, il y a aujourd'hui de nouveaux marchés à conquérir - les pays de l'Est, le Brésil, par exemple -, il y a de nouveaux clients à aller chercher - avec une clientèle qui devient de plus en plus individuelle lorsqu'elle provient par exemple d'Inde et de Chine -, et il y a aussi des clients qu'il faut garder - la clientèle provenant des pays limitrophes comme l'Allemagne ou la France.

Ainsi donc le groupe libéral-radical ne suivra pas le Conseil fédéral lorsqu'il prévoit de diminuer les moyens alloués à Suisse Tourisme. La majorité du groupe votera le maintien de ces moyens et une minorité votera une augmentation de 10 pour cent de ceux-ci avec l'idée, je le répète, de prendre un virage pour aller chercher de nouveaux clients.

En conclusion, le groupe libéral-radical soutient le projet du Conseil fédéral. Il entrera en matière. Il souhaite donner au secteur du tourisme les moyens de se développer en maintenant les moyens qui lui sont alloués, voire, pour une partie du groupe, en les augmentant quelque peu.

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