Recordon Luc · Ständerat · 2012-06-07
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2012-06-07
Wortprotokoll
A vrai dire, c'est sans joie mais avec beaucoup de conviction que je vous invite à suivre la majorité. Il est clair que la solution qui nous est présentée est en quelque sorte un emplâtre sur une jambe de bois. Mais malgré tout, je suis profondément convaincu, de par l'expérience accumulée au fil des années, qu'il y a une érosion de la capacité des membres du gouvernement à suivre les dossiers primordiaux avec toute l'intensité nécessaire. La nomination d'un secrétaire d'Etat aux questions financières internationales illustre parfaitement cette situation. On se dirige inéluctablement - cela prendra je ne sais combien de temps encore, mais c'est inéluctable - vers l'accroissement du nombre de conseillers fédéraux à neuf, mais certainement pas au-delà. C'est aussi une logique qui tient aux thématiques à traiter; le fait qu'on n'arrive pas vraiment à "caser" - passez-moi l'expression - la formation dans la répartition des départements est particulièrement illustratif de ce problème.
Dans l'immédiat, je suis vraiment persuadé que la solution qui nous est proposée est nécessaire. Elle n'est pas entièrement satisfaisante; on peut éventuellement relever le problème de légitimité dans la désignation. Mais très franchement, dans beaucoup de pays, la manière dont les ministres et les secrétaires d'Etat sont désignés et approuvés en bloc me donne à penser que c'est une désignation démocratique assez formelle, où il y a beaucoup moins de réflexion que chez nous, y compris sur la manière dont nous désignons déjà des secrétaires d'Etat. Donc je ne suis donc pas très inquiet de ce côté-là.
Ce qui est vrai, c'est que la solution d'un gouvernement à deux niveaux n'est pas vraiment idéale; ce serait bien que tout le monde soit au même niveau de responsabilité. Mais la situation politique étant ce qu'elle est, on ne peut pas avoir tout de suite les neuf conseillers fédéraux, indispensables à mes yeux - je l'ai déjà dit à d'autres occasions dans cette assemblée -, et il faut donc dans un premier temps accepter la solution proposée.