Lexipedia

Zisyadis Josef · Nationalrat · 2005-03-01

Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2005-03-01

Wortprotokoll

Je fais partie de ces citoyens qui sont inquiets de la "marchandisation" croissante de la vie sociale et culturelle. Et je crois qu'au rythme où nous allons, il se pourrait bien qu'il y ait dans les dix ou vingt ans à venir une remise en cause graduelle d'un certain nombre de jours de repos et de jours fériés - tous ces jours fériés qui ont été largement acquis par la population.

L'initiative parlementaire qui vous est proposée fait donc passer de la loi à la Constitution six jours fériés qui seraient ainsi assurés sur un plan fédéral, alors que ce nombre de jours est pour l'instant du ressort cantonal. La loi prévoit que les cantons peuvent assimiler aux dimanches huit jours fériés et cette disposition est utilisée par la plupart des cantons. Les six jours fériés qui sont proposés dans mon initiative sont ceux qui sont le plus souvent inscrits dans les différentes lois cantonales. L'objectif n'est donc pas de restreindre le nombre de jours fériés, mais d'en protéger un nombre minimal par un rempart constitutionnel.

Les avantages en seraient une harmonisation au plan de la Confédération, une absence de coûts vu que ce sont déjà des jours fériés reconnus - l'argument financier ne joue donc absolument pas -, et enfin une garantie obtenue par la population contre les démarches insidieuses de mise en place d'horaires atypiques et de précarisation générale des emplois. Il s'agit d'éviter que ces jours fériés qui ont été donnés aux travailleurs et aux citoyens au fil de l'histoire soient retranchés dans un futur proche. Je soulignerai seulement que cette initiative est formulée de manière à favoriser la décentralisation, parce que l'essentiel dans le domaine continuera d'être fait par les cantons, puisqu'il s'agit de six jours minimum.

L'heure est donc venue pour la Confédération de prévoir un certain nombre de règles harmonisées. L'argument selon lequel cela n'amène rien de nouveau est assez spécieux. Messieurs Favre et Leu ne voient pas de danger. J'aime beaucoup ce côté "Madame Soleil" de Monsieur Favre. Puisse le ciel l'entendre! Mais je ne suis en effet de loin pas persuadé que la remise en cause du repos du dimanche ne tienne pas d'une stratégie cohérente de la part du pouvoir économique. C'est donc au niveau constitutionnel que nous devons maintenir un certain nombre de valeurs auxquelles nous tenons, qui sont issues de l'histoire et de la culture - si évidemment les membres de ce Parlement sont attachés à ces valeurs et que nous ne sommes pas prêts tout simplement à les jeter par-dessus bord. Bref, c'est une initiative prévoyante qu'il faut assimiler à une sorte de garde-fou contre le pouvoir économique.

Je vous remercie de donner suite à cette initiative.