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Marra Ada · Nationalrat · 2014-03-05

Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-03-05

Wortprotokoll

Parmi les assurés, 3000 personnes vivent dans un ménage ayant des arriérés d'assurance-maladie et 2,5 millions de personnes sont au bénéfice de subsides de l'assurance-maladie. Cela signifie que pour toutes ces personnes les primes d'assurance-maladie sont trop lourdes, qu'avec leur revenu elles n'arrivent pas à faire face seules à ces frais fixes qui sont les mêmes, qu'elles gagnent 1000 ou 10 000 francs. Pour beaucoup de familles, le budget consacré aux primes d'assurance-maladie dépasse celui du logement et cette spirale de l'augmentation des primes continue année après année.

Le dogme chéri dans ce Parlement qui dit que la concurrence fait baisser les coûts est un échec total. Parmi tous les défauts que comporte ce système évoqué en long et en large par mes collègues, j'aimerais m'attarder sur celui qui va fondamentalement changer avec la caisse publique, celui des réserves. Aujourd'hui, lorsqu'un assuré change de caisse, ses réserves ne le suivent pas. La nouvelle caisse est obligée d'augmenter son taux de réserve globale et, du coup, augmente ses primes afin de se mettre aux normes. Le dindon de la farce, c'est toujours l'assuré! Il a quitté une caisse trop chère pour lui et, l'année suivante, sa nouvelle caisse va à nouveau augmenter sa prime. Cette augmentation ne se justifie en aucun cas par l'accroissement des coûts de la santé. C'est juste une perversité du système contre laquelle plusieurs de mes camarades dans ce Parlement ont essayé de lutter, mais sans résultat. La caisse publique peut enfin mettre fin à cette perversité.

J'aimerais dire aux assurés qu'être le dindon de la farce n'est plus une fatalité. Avec cette initiative pour une caisse publique les choses peuvent changer très concrètement. Dans le système actuel, les primes sont différenciées en fonction des régions, des risques et des coûts estimés par région. Mais, avec l'affaire des réserves beaucoup trop importantes dans plusieurs cantons qui ont servi à maintenir bas la prime d'assurés d'autres cantons, on a vu que ce système est totalement opaque et pas transparent. Les caisses ont pu contourner allègrement les critères des régions et des coûts, et cela, pendant plus d'une dizaine d'années.

Et le peu d'empressement que met la majorité du Parlement à faire avancer le dossier de la loi sur la surveillance de l'assurance-maladie, qui peut mettre fin à cette perversion du système, montre que le changement ne viendra pas du Parlement, mais du peuple.

Ce magnifique système de solidarité entre les bien portants et les malades mérite mieux que d'être l'otage d'intérêts privés d'assurances. La gestion du processus des soins et du financement des prestations de base doit être un service public. C'est un service qui doit être, si ce n'est entièrement géré par l'Etat, du moins entièrement contrôlé par l'Etat. On l'a vu dans le système actuel où les assurances sont reines, les assurés et les autorités publiques sont dépassés. Avec le système de la caisse publique, fini la concurrence qui augmente les primes, fini l'opacité et les petits jeux des assurances qui coûtent à l'assuré.

Oui à la caisse publique, oui à la transparence, oui à la fin des augmentations des primes, injustifiées et superficielles!