Hêche Claude · Ständerat · 2008-06-11
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-06-11
Wortprotokoll
Dans son programme d'armement, notre armée souhaiterait dépenser environ 400 millions de francs pour moderniser sa flotte de 33 F/A-18. A cette adaptation s'ajoutera - il est important de le relever - le programme de tests des nouveaux jets pour remplacer les 54 Tiger qui devraient être mis à la retraite d'ici 2015. Pour cette nouvelle acquisition, un programme d'armement d'environ 2,5 milliards de francs est prévu dans le budget 2010. Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports affirme que cette modernisation est indispensable et que de nouveaux avions sont nécessaires pour la défense de l'espace aérien et pour l'attaque d'objectifs terrestres.
Si je ne conteste pas le rôle des forces aériennes et, donc, la nécessité de leur adaptation, je partage l'idée que vu la somme en jeu - les dépenses prévues s'élèvent en tout à 3 milliards de francs, soit la plus importante commande militaire de ces dernières années -, il est impératif d'une part que ces deux dossiers fassent l'objet d'un traitement commun, et d'autre part de disposer de plus de certitudes pour justifier un tel crédit. Or, à l'heure actuelle, plusieurs points doivent encore être précisés afin que nous puissions nous prononcer en toute connaissance de cause.
Premier volet: les menaces et les risques. Considérant que la Suisse se situe au coeur de l'Europe, c'est-à-dire dans [PAGE 501] une zone de respect et de stabilité de l'espace aérien, quelles menaces, quels risques justifient la montée en puissance de la surveillance aérienne, c'est-à-dire l'adaptation des F/A-18 et l'achat d'environ 25 à 30 nouveaux avions?
Deuxième volet: les moyens. Notre armée n'est-elle pas surdimensionnée? A titre de comparaison, notre pays, avec l'achat de nouveaux avions, disposerait d'environ 60 avions de la dernière génération, soit quatre fois plus que l'Autriche, qui ne fait pas partie de l'OTAN non plus, qui a une topographie similaire à celle de la Suisse et un territoire deux fois plus grand. Cette impression de suréquipement des forces aériennes se confirme aussi en comparant avec la Finlande. Dans les deux cas, les forces aériennes sont équipées pour des missions de surveillance de l'espace aérien avec des F/A-18 dont l'âge et les niveaux d'équipement sont très semblables.
Troisième volet: la collaboration internationale. A l'avenir, la faculté de réagir en fonction de l'évolution des menaces aériennes dépendra avant tout de la capacité de notre pays à collaborer efficacement au-delà de ses frontières. Sans renoncer, j'insiste là-dessus, au principe de souveraineté territoriale, il paraît aujourd'hui nécessaire de renforcer encore notre collaboration internationale afin de coordonner nos efforts avec les pays qui nous entourent. De nouvelles négociations avec les Etats voisins devraient donc être menées, avec comme double objectif d'améliorer encore la sécurité de notre espace aérien et de réduire les investissements.
Malgré, je tiens à le relever, le travail important réalisé, un certain nombre de questions restent encore en suspens. Aussi, il me paraît judicieux de suspendre la décision sur le projet de mise à jour des F/A-18, afin de le traiter au moment de statuer sur le renouvellement des Tiger. Même si l'armée insiste sur l'urgence de cette modernisation, il ne me semble pas que l'on prenne un risque en renvoyant la discussion d'une année. Au contraire, ce délai permettrait d'éliminer plusieurs incertitudes. Je pense notamment à l'élaboration d'un certain nombre de scénarios mettant en relation les menaces et les risques avec les moyens que nous souhaitons mettre à disposition, ainsi qu'avec les opportunités de collaboration possibles.
Pour toutes ces raisons, je vous invite à soutenir la proposition de la minorité.