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Recordon Luc · Ständerat · 2012-12-13

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2012-12-13

Wortprotokoll

Monsieur Comte a fort bien expliqué que la problématique était plus subtile que ce que l'on aurait pu imaginer en lisant le rapport de la commission ou en l'entendant. Je voudrais quand même apporter quelques éléments de réflexion supplémentaires.

Tout d'abord, nous avons été l'objet d'un intense effort de propagande des grands distributeurs pour rejeter la motion de Buman, en qualité de deuxième conseil. Or, c'est avec un certain sourire que l'on peut lire dans un organe de presse romand que c'est le même grand distributeur, à Genève, qui s'est félicité il y a quatre ans d'avoir supprimé les sacs de caisse, et qui a même dépensé de l'argent pour faire de la propagande pour cela, qui s'en est vanté, glorifié et aujourd'hui, la centrale nationale vient nous dire que c'est une idiotie absolue! Il y a peut-être des problèmes de gouvernance chez Migros, mais, le ridicule ne tuant pas, cette estimable entreprise continuera d'exister. Il n'en demeure pas moins que cela jette une lumière assez crue sur la validité des arguments qui sont opposés à la motion de Buman.

Puis, par-delà la question légèrement amusante que je viens de soulever, il y a quand même des questions plus graves. Ce n'est pas seulement, Monsieur le rapporteur, un problème de quantité: il suffit d'assez petites quantités pour faire beaucoup de tort. Songez au nombre de sacs abandonnés dans la nature. Promenez-vous dans nos forêts, mais aussi dans nos villes: ce que l'on appelle dans un français déplorable le "littering", c'est-à-dire la déréliction de sacs ou de tout autres objets, devient une véritable plaie. Il faut peut-être quand même marquer une intention assez claire par rapport à ce genre de choses.

Cela devient bien pire quand, par hasard, ces sacs jetés dans les rivières et qui ne sont pas tous récupérés vont jusqu'à la mer: cela devient alors un fléau extrêmement grave. Il y a de plus en plus de poissons et d'autres animaux de mer qui sont empoisonnés par toutes sortes de plastique. Je vous concède que les sacs de caisse sont toujours mieux que les plastiques durs, tels que les barquettes, qui font plus de dégâts, mais ils obstruent les voies digestives de ces animaux et les tuent.

Il y a tout un problème général, outre le fait, comme Monsieur Comte l'a relevé, que ces objets-là sont produits à base d'hydrocarbures. Par sa production, le sac en papier est peut-être un peu moins bien d'un point de vue environnemental, si on ne l'utilise qu'une fois, mais il a le mérite quand même de ne pas être produit à base d'hydrocarbures mais à partir de produits ligneux, qui sont naturels ou qui proviennent du recyclage.

La problématique, je le concède, est complexe. Le problème principal, c'est la réutilisation, donc le fait d'avoir affaire à un objet solide qui ne se casse pas après un ou deux usages. Outre ce problème, le plastique présente des inconvénients encore beaucoup plus considérables liés à la difficulté de son élimination, à sa persistance et aux dégâts de toute nature qu'il provoque.

C'est la raison pour laquelle je vous propose de suivre la proposition de la minorité Comte et d'adopter cette motion.