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Dupraz John · Nationalrat · 2001-10-04

Dupraz John · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-10-04

Wortprotokoll

Lorsque j'ai voté la loi fédérale sur la poste, j'ai l'intime conviction d'avoir été trompé. Je n'ai pas voté le plan de restructuration présenté en début d'année par M. Gygi, je n'ai pas voté la fermeture de 700 à 800 [PAGE 1401] bureaux de poste. La façon dont sont traitées les communes est totalement inacceptable, Monsieur le Président de la Confédération. La Poste jouissait d'un monopole, maintenant elle a un monopole partiel, mais dans les discussions elle continue à se conduire en institution monopolistique et impose son point de vue, sans distinction, sans nuance, aux communes.

Et j'en veux pour preuve deux exemples: dans mon canton, la commune d'Aire-la-Ville où la Poste est arrivée à un accord avec la commune, puisque le bureau de poste d'Aire-la-Ville sera une filiale de la poste de Bernex; les heures d'ouverture sont de 9 heures 30 à 11 heures 30 et de 15 heures à 17 heures et le samedi de 9 heures 30 à 11 heures. La distribution dépendra de Bernex et la place de responsable du bureau de poste d'Aire-la-Ville, à un taux d'occupation de 60 pour cent, sera mise au concours. Voilà ce qui est trouvé comme solution pratique dans une petite commune rurale.

Par contre, à Choulex, la direction de la Poste est restée sourde aux requêtes de la commune. C'est une commune qui a plus d'habitants que la commune d'Aire-la-Ville, et là on fait appel à la poste à domicile; la poste à domicile, à ma connaissance, ce sont cinq minutes par jour pour cent usagers, c'est-à-dire trois fois rien. Puis, vous devez posez un trépied sur votre boîte aux lettres pour signaler que vous avez besoin de la poste, et si vous avez des paiements à effectuer, cela veut dire pour les voleurs: "Venez chez moi, j'ai du pognon à prendre; venez chez moi me délester." Je trouve ce système inadéquat, inopportun. Du reste, la presse à Genève a parlé du "diktat jaune", face à la solution adoptée pour la commune de Choulex.

J'ai l'impression que deux socialistes éminents se sont unis, concertés, M. Leuenberger, président de la Confédération, et M. Gygi, pour détruire le service public. Je trouve cela inacceptable, et je pensais que les socialistes, plus que d'autres, plus qu'un radical comme moi, seraient sensibles au maintien du service public, un service de proximité, proche des gens. Car fermer les bureaux de poste, c'est pénaliser les personnes les plus faibles, les personnes âgées, les personnes qui n'ont pas de moyen de locomotion, qui n'ont pas de moyen de se déplacer.

Ainsi, dans ma motion, je demande quatre choses:

1. de définir un mandat de prestations clair - là, je rejoins la motion Fasel;

2. de prévoir, si nécessaire, une participation financière des collectivités publiques;

3. d'inviter la Poste à renoncer à la banque postale, parce que c'est une activité dangereuse qui pourrait conduire à la ruine de l'institution et de l'organisation;

4. si la loi n'est pas adéquate, de modifier la loi.

Je voudrais, sans anticiper sur le débat qui va suivre sur Swissair, vous dire que ce matin, l'Agence télégraphique suisse communiquait, concernant le transport aérien en Nouvelle-Zélande, que le gouvernement néo-zélandais renfloue "Air New Zealand" et qu'il apporte une aide d'urgence de 590 millions de francs suisses dans cette compagnie. Ainsi, l'Etat de Nouvelle-Zélande redevient maître de cette compagnie d'aviation et cette compagnie retombe du même coup sous le contrôle de l'Etat! C'est quand même un peu piquant que ce pays, qui est le tenant du libéralisme économique le plus pur et le plus dur dans les négociations de l'OMC, en vienne maintenant à renationaliser sa compagnie d'aviation pour des raisons qui paraissent évidentes!

Il est clair que cette motion, je l'ai rédigée un peu sous le coup de la colère, suite à la parution du programme de fermeture de 800 bureaux de poste dans ce pays et que, vu l'actualité dramatique du 11 septembre à New-York, du 27 septembre à Zoug et la situation de Swissair aujourd'hui, les problèmes de la Poste et de ses usagers paraissent bien dérisoires.

Cependant, j'estime que l'Etat et la Poste doivent revoir leur mandat de prestations et offrir un service public digne de ce nom, de proximité, celui que les usagers de la Poste attendent.