Lexipedia

Hêche Claude · Ständerat · 2011-12-08

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-12-08

Wortprotokoll

Je cite tout d'abord quelques chiffres: dans notre pays, plus d'un quart des décès chez les hommes de 25 à 44 ans surviennent à la suite d'une maladie cardiovasculaire ou d'un cancer; chez les femmes, cette proportion passe à 50 pour cent. Chez les Suisses âgés de 45 à 64 ans, les chiffres sont encore plus parlants: près des deux tiers des décès sont imputables à une maladie cardiovasculaire ou à un cancer - et la tendance ne va pas s'inverser si nous n'agissons pas plus. Concrètement, chaque jour, ce sont ainsi des dizaines de familles qui reçoivent un diagnostic de cancer dans notre pays. Si le drame ne peut être évité pour tout le monde, la prévention pourrait sauver de nombreuses vies.

La politique de prévention actuelle prend-t-elle pleinement la mesure de cette nouvelle donne? C'est une question que l'on doit se poser. A mes yeux, elle est décalée par rapport aux exigences et aux risques d'aujourd'hui. Le système actuel, dans lequel les responsabilités des activités préventives sont partagées entre une myriade d'acteurs et entre plusieurs hiérarchies, a montré ses limites. D'autre part, les certitudes scientifiques ont remplacé les hypothèses. C'est avant tout en favorisant les comportements sains que l'on réduit les risques.

A titre d'exemple, un rapport évaluatif sur la qualité et l'efficacité précoce du programme de dépistage du cancer du sein dans les cantons du Jura et de Neuchâtel pour la période de 2005 à 2010 a été publié récemment. Trois Jurassiennes et Neuchâteloises concernées sur cinq ont participé au programme de dépistage. La détection précoce des cancers a permis une chirurgie conservatrice du sein pour huit femmes opérées sur dix. Sur la période analysée, quelque 37 000 mammographies ont été réalisées et 202 femmes ont été dépistées avec un cancer du sein. Mais pour des questions de frontière et de politiques cantonales, des femmes n'ont pas accès à ce type de prestations. C'est à mes yeux inacceptable.

La prévention et la promotion de la santé font leurs preuves. Elles améliorent la santé et donc la qualité de vie, que ce soit au niveau individuel ou au niveau de la société dans son entier. Elles protègent également les individus et renforcent - cela a été dit - leur participation au marché du travail, ce qui est également profitable à l'économie.

Cette loi représente à mes yeux une chance non seulement pour la prévention, mais aussi pour la coopération renforcée entre la Confédération et les cantons.

La santé est notre bien le plus précieux. Il reste de nombreux paramètres immaîtrisables, mais la prévention est un élément que nous pouvons influencer. C'est en changeant les comportements que la donne peut réellement s'inverser. C'est une option pragmatique non seulement pour atténuer l'impact des maladies chroniques qui touchent et toucheront toujours plus notre population vieillissante, mais également pour stabiliser les coûts de la santé. Cela a également été dit, il vaut mieux prévenir que guérir, et je dirai que cela n'a jamais été aussi vrai. L'élaboration d'une loi fédérale dans ce domaine est donc une opportunité que nous devons saisir et qui, j'en suis convaincu, permettra de donner une nouvelle orientation et de nouveaux moyens à nos politiques publiques.

C'est dans cet esprit que je vous invite à entrer en matière.

Hêche Claude · Ständerat · 2011-12-08 | Lexipedia | Lexipedia