Burkhalter Didier · Bundesrat · 2013-09-16
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2013-09-16
Wortprotokoll
La Suisse mène, à l'égard de la situation dramatique en Syrie, une stratégie reposant sur trois piliers.
D'abord, elle s'engage en faveur d'une solution politique au conflit dans le sens de ce qui avait été discuté en 2012 dans le cadre de la Déclaration de Genève. Dans ce cadre, elle soutient notamment le bureau du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, qui est à Genève précisément. Ensuite, c'est dans ce cadre également qu'elle apporte ses bons offices et son rôle d'hôte pour toute démarche, toute conférence ou toute négociation qui sert la paix. Ensuite, elle s'engage dans l'aide humanitaire sur place et dans la région. Enfin, elle s'engage en faveur de la lutte contre l'impunité et pour le respect du droit international humanitaire.
Concernant le deuxième pilier, l'aide humanitaire: la gravité de la crise syrienne a causé le déplacement d'un tiers de la population syrienne et a rendu près de 40 pour cent de sa population dépendante de l'assistance humanitaire - c'est presque l'équivalent de l'ensemble de la population suisse. L'aide humanitaire suisse s'engage pour distribuer une aide ciblée et efficace sur place. A cette fin, la Suisse a débloqué 50 millions de francs depuis le début de la crise pour l'assistance humanitaire. La Suisse distribue une aide directe, en particulier au Liban et en Jordanie. Elle soutient financièrement le Comité international de la Croix-Rouge et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que les agences onusiennes concernées, tout spécialement le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et les organisations non gouvernementales actives sur place. Elle soutient également les efforts internationaux par l'envoi d'experts.
Le Conseil fédéral partage l'avis que l'essentiel de l'aide doit être apporté sur place, dans la région aussi, au sens large, ce que la Suisse fait. Néanmoins, l'accueil de réfugiés dans notre pays est une mesure complémentaire utile face à la gravité de cette crise. Le Conseil fédéral a donc décidé d'accueillir environ 500 réfugiés, comme le lui a d'ailleurs également demandé par lettre la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats. La Suisse est disposée à accueillir un groupe de personnes particulièrement vulnérables en provenance de la région syrienne. Il ne s'agit donc pas de faire le choix entre l'un ou l'autre instrument d'aide, mais bien de les combiner. Pour réduire la douleur, il peut être justifié d'utiliser plusieurs remèdes à la fois.
L'engagement de l'aide humanitaire dans le cadre de la crise syrienne représente 30 millions de francs en 2013. Pour cette année, la proportion de l'assistance aux réfugiés syriens dans les pays voisins - la Jordanie, le Liban, l'Irak et la Turquie - représente un peu plus de la moitié de ce montant. Le reste a été destiné à la population affectée en Syrie. Cette répartition est comparable à celle des autres donateurs principaux, tels que l'Union européenne. L'ODM alloue par ailleurs 2,1 millions de francs en 2013 en faveur des réfugiés syriens. Le Conseil fédéral continuera d'évaluer régulièrement les besoins humanitaires - on se dirige vers un nouvel hiver qui rendra la situation sur place encore plus difficile - et au besoin il décidera de nouvelles hausses de l'aide humanitaire suisse, comme il l'a déjà fait à trois reprises ces derniers mois.
Enfin, en réponse à votre question, le Conseil fédéral est en effet inquiet des discriminations et violences subies par des chrétiens et d'autres membres de minorités ethniques ou religieuses au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde. L'aide humanitaire de la Confédération est strictement basée sur les principes humanitaires que sont l'humanité, l'indépendance, la neutralité et l'impartialité. L'aide suisse est donc basée sur l'analyse des besoins primordiaux des personnes les plus vulnérables et est effectuée sans distinction raciale, religieuse, politique ou ethnique. Si les populations chrétiennes ne sont pas ciblées spécifiquement, elles font évidemment partie des personnes soutenues par l'aide humanitaire lorsqu'elles se trouvent dans le besoin d'être assistées.