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Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2008-03-20

Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2008-03-20

Wortprotokoll

Un mot sur la concentration géographique: à la suite de l'analyse de portefeuille qui a été faite en 2005, j'ai décidé de ramener le nombre de pays prioritaires à 14. Cette décision s'insère dans un processus continu de concentration qui a déjà conduit la DDC à ramener le nombre de pays prioritaires de 24 à 17 en 2003, puis dans le nouveau message 2008-2011, le Conseil fédéral propose de continuer ce processus de concentration et de réduire les pays prioritaires à 12.

Les efforts de concentration ont ainsi atteint et peut-être même dépassé le seuil optimal et ce pour deux raisons.

Premièrement, la concentration n'est pas une valeur en soi. Elle n'est envisageable que dans la mesure où elle contribue à l'augmentation de l'efficacité de la coopération suisse. Celle-ci dépend de la qualité de la combinaison des instruments utilisés dans notre portefeuille de coopération. L'utilisation de nos instruments de sorte qu'ils soient complémentaires, à savoir l'aide humanitaire, les programmes bilatéraux, les réseaux thématiques, les financements bilatéraux et multilatéraux, la promotion civile de la paix, etc., nous permet de réduire les risques qui résultent de situations instables ou fragiles dans les pays partenaires.

Deuxièmement, la concentration doit être mise en perspective avec le principe d'universalité qui prévaut dans notre politique étrangère. Largement dépendante du reste du monde, pays neutre n'appartenant à aucune alliance, la Suisse ne peut pas renier ses responsabilités internationales et se concentrer sur quelques pays. Elle se doit d'avoir de bonnes relations avec tous et toutes.

Je tiens à le répéter: nous voulons défendre nos intérêts partout où cela se révèle nécessaire. Nous voulons assumer pleinement notre responsabilité dans un monde globalisé dont la Suisse tire de nombreux avantages. Nous voulons maintenir la crédibilité de notre politique internationale et je constate que la liste des pays qui souhaitent coopérer avec la Suisse est beaucoup plus longue que celle de nos pays prioritaires. Dans cette optique, je suis convaincue que la Suisse doit pleinement être présente sur la scène internationale et que nous devons trouver un juste équilibre entre les pôles concentration et diversification, et je me réjouis de pouvoir discuter avec vous de cette question lors de l'examen des crédits-cadres en faveur des pays du Sud, projet que le Conseil fédéral vient d'adopter.