Meyer Thérèse · Nationalrat · 2006-12-20
Meyer Thérèse · Nationalrat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2006-12-20
Wortprotokoll
Je vous demande ici de suivre la majorité. L'alinéa 3 va permettre une alternative sur le plan des traitements. La prescription d'héroïne n'est pas un traitement qui est proposé au plus grand nombre, ni à tous ceux qui doivent malheureusement faire face à une dépendance à l'héroïne. Cet alinéa va permettre, dans des cas très restreints, avec des conditions cumulatives et restrictives, comme l'a dit Monsieur le conseiller fédéral Couchepin, de prescrire ce traitement, mais seulement s'il n'y a pas d'autre solution et si on pense que cela peut apporter un espoir soit de se diriger vers l'abstinence, soit d'atteindre un meilleur équilibre.
Monsieur le conseiller fédéral Couchepin l'a dit, les critères sont cumulatifs: il faut des personnes dépendantes gravement atteintes; déclarées très dépendantes depuis au moins deux ans; qui sont au minimum âgées de 18 ans; pour lesquelles deux thérapies ont échoué; et qui présentent des déficits médicaux psychologiques et sociaux imputables à la consommation de drogue. En considérant les chiffres, même après la votation de 1999 relative à l'arrêté fédéral sur la prescription médicale d'héroïne, qui a entériné à une grande majorité du peuple suisse la possibilité de prescrire ces traitements, à fin 2005, il y avait 1295 personnes en traitement. Cela n'a donc pas explosé depuis cette votation populaire.
J'ai été responsable d'un service social dans ma ville, j'étais assez réticente et opposée à ce genre de traitement, mais j'ai eu connaissance de situations très graves sur le plan de la dignité humaine - l'être humain a ses forces et ses faiblesses, et il n'est pas donné à tout le monde de connaître le même destin. Il y a parfois des coups durs et des événements qui font qu'on tombe dans des difficultés du type de la dépendance à la drogue. Dans quelques situations très difficiles, j'ai vu que la distribution d'héroïne sur prescription pouvait apporter un petit équilibre, un espoir en vue d'abandonner la consommation de drogue ou de mener une vie un tout petit peu meilleure.
En ce qui concerne quelques chiffres, on a parlé de l'aptitude au travail. On a pu voir que s'il y a 10 pour cent des personnes qui travaillent au moment d'entrer dans un programme, à la sortie de celui-ci il y en a quand même presque 16 pour cent qui ont un job à plein temps. Pour le travail à temps partiel, cela monte de 7 à 12 pour cent et pour le travail occasionnel de 2,7 à 2,9 pour cent. Donc, on a, en tout cas, un tiers des personnes au bénéfice de ces programmes qui sont mieux adaptées à la vie sociale et au travail, contre un cinquième avant d'entrer dans un programme. Du point de vue des pourcentages, 70 pour cent sortent du programme après une année et la durée moyenne est de moins de trois ans. Donc, un programme de prescription n'est pas suivi à vie, ce n'est pas non plus une distribution de poison, comme certains l'ont dit; c'est vraiment une aide temporaire à des moments quelquefois désespérés où il est très difficile de proposer autre chose. C'est un moindre mal; ce n'est pas la panacée que vous offre cette loi. Je trouverais très dommage que le conseil, infirmant au fond la volonté du peuple exprimée en 1999, soutienne la proposition de la minorité. Je trouverais très dommage que des personnes remettent en question toute la loi, qui offre une meilleure prévention auprès de la jeunesse et qui va exactement dans le sens souhaité.
Je vous demande donc d'accepter la disposition du projet de la majorité de la commission, dans l'esprit d'offrir une alternative dans certains cas graves où aucune autre thérapie n'est envisageable, dans le but d'aider des personnes à conserver leur dignité à des moments très difficiles de leur vie.