Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2014-03-04
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2014-03-04
Wortprotokoll
Concernant le rapport sur la politique extérieure 2013, j'aimerais appuyer les efforts du département en faveur de la coopération internationale et de l'aide humanitaire.
La Suisse est un pays qui a une grande tradition humanitaire dont je suis fière. Nous avons bien compris que nous ne pouvions pas être riches tout seuls et que si la Suisse voulait continuer à vivre en paix et dans un environnement serein, elle devait partager et contribuer à la paix dans le monde.
La guerre est source de pauvreté et de destruction environnementale. Les origines des guerres sont multiples: eau, accès à la nourriture, problème de délimitation du territoire et, bien sûr, les religions. La Suisse, par son aide au développement, contribue à diminuer ces sources de conflits et cela diminuera d'autant l'arrivée de réfugiés dans les pays du Nord.
En développant, par exemple, des partenariats privé-public, on aide les pays du Sud à diminuer leur dépendance envers les pays du Nord. Il est important que l'aide serve au développement des populations et pas à leur assistanat. Il existe de très beaux projets au Sud qui montrent qu'une aide ciblée permet le développement d'une activité économique lucrative qui donne la possibilité de rendre de nombreuses familles indépendantes d'une aide externe. Certes, les microcrédits en sont l'un des axes, mais leurs intérêts exorbitants peuvent aussi choquer.
L'agriculture est une ressource importante des pays du Sud. Je salue les efforts faits dans ce domaine, tels que la diminution des pertes de récolte, l'encouragement d'une agriculture écologique, l'amélioration des semences et la promotion d'une alimentation saine et équilibrée.
Grâce à ces programmes, ce ne sont pas moins de 370 000 familles d'agriculteurs qui ont vu leurs conditions d'existence s'améliorer.
La Suisse a aussi une excellente expérience dans la formation professionnelle qu'elle peut, je dirai même qu'elle doit, exporter. C'est pourquoi il est important de continuer les efforts faits en 2013 qui ont permis à 40 000 jeunes de bénéficier d'une formation professionnelle. La formation est la base du développement. Une personne formée pourra plus facilement trouver du travail, et le travail, c'est le début de la dignité. La formation des filles est également très importante. Elles seront ainsi moins soumises à des traditions désuètes telles que l'excision ou le mariage forcé. Elles auront aussi moins d'enfants et pourront ainsi assurer un meilleur avenir à ceux qu'elles auront choisi d'avoir.
Comme il est dit dans le rapport, il est important d'avoir une meilleure coordination entre les donateurs. Ceci permettra une meilleure efficience des moyens engagés.
Je salue le fait qu'une grande partie des fonds soit investie en Afrique. Ce continent intéresse de nombreux pays pour ses richesses multiples, mais nettement moins pour ses habitants. Le Nord a très largement profité des richesses de l'Afrique, et il est juste aujourd'hui de venir soutenir un développement durable sur ce magnifique continent, même si la Suisse n'a pas de passé colonial.
Je pense que la Suisse, dans une période où les guerres de religion comme aujourd'hui en Centrafrique reviennent malheureusement sur le devant de la scène, aurait aussi sa pierre à apporter à l'édifice. De nombreux observateurs externes se demandent comment un paysan obwaldien peut vivre en paix et en harmonie avec un banquier genevois, comment deux cultures aussi différentes, possédant des langues différentes, des religions différentes, un patriotisme différent peuvent cohabiter ensemble. Et pourtant, c'est possible. Notre expérience doit être partagée avec des pays qui se déchirent actuellement afin de contribuer à les aider à trouver une solution pour la paix.
Le groupe vert'libéral salue les efforts de la Suisse dans la coopération internationale et l'aide humanitaire et incite le Département fédéral des affaires étrangères à ne pas relâcher ses efforts.