Epiney Simon · Ständerat · 2001-09-25
Epiney Simon · Ständerat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2001-09-25
Wortprotokoll
J'aimerais à mon tour combattre la transformation de la motion Hess Hans en postulat, bien que nous pourrions en principe vivre avec son contenu. L'opposition se base avant tout, comme ça a été rappelé également [PAGE 559] par M. Maissen, sur le mauvais signal qu'elle pourrait donner au sein de la population, bien que nous soyons, en ce qui nous concerne, conscients que l'ouverture plus prononcée du marché de la Poste est vraisemblablement inéluctable. Alors, autant s'y préparer, mais c'est une question de temps, car au sein de l'Union européenne, cette évolution paraît aujourd'hui confirmée.
Mais M. Hess Hans veut accélérer le mouvement et cela ne nous paraît pas très sage. Aussi longtemps que nous n'aurons pas décidé la manière avec laquelle nous allons indemniser les prestations de base, notamment dans les régions périphériques, déficitaires par définition, il serait pour le moins hasardeux de jouer aux apprentis sorciers. En effet, conjuguer service de base au public et rentabilité relève de l'utopie et répond à tout le moins à un objectif contradictoire. Il convient donc d'analyser, préalablement à toute nouvelle libéralisation, la façon dont la Poste sera rémunérée. A défaut, il faudra rapidement mettre la Poste sous perfusion, car les puissants opérateurs étrangers l'auront écrémée de ses bons clients, l'auront fragilisée en pratiquant un dumping sur les prix. Donc, il faut, avant toute ouverture nouvelle, trouver l'alchimie où tout le monde trouve son compte. La Suisse doit en effet être capable de faire le deuil de structures qui ont fait leur temps, mais elle doit aussi éviter que les usagers soient mis sur la touche.
En d'autres termes, nous acceptons la libéralisation du service public, mais à la condition qu'elle offre à chacune et à chacun des prestations équivalentes à des prix comparables, et notamment dans les régions où le service public est déficitaire. De plus, dans ces mêmes régions, il n'y a pas d'alternative au tourisme. La diversification économique est un leurre, et le service public est une des composantes de survie de l'activité touristique. Or, on ne soigne pas un malade en lui retirant ses poumons.
Dès lors, je vous invite à rejeter la motion Hess Hans également sous la forme de postulat, aussi longtemps que nous n'aurons pas réglé le problème d'indemnisation des prestations d'intérêt général par la collectivité publique.