de Buman Dominique · Nationalrat · 2014-03-10
de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · Fraktion CVP-EVP · 2014-03-10
Wortprotokoll
Beaucoup de choses ont déjà été dites au sujet de l'initiative parlementaire Lustenberger. Permettez-moi d'essayer de combler les quelques failles peu nombreuses, dans une matière qui est en discussion depuis plus de dix ans.
En regardant ce document et en écoutant les différents porte-parole de groupe, je me disais que finalement le fait de retenir ce critère de la formation des apprentis dans les marchés publics équivalait, pour une fois, à mettre en valeur ce que l'on appelle le "Swiss finish" qui est souvent considéré comme un inconvénient. On l'a vu, notamment à propos de la place bancaire, parfois à propos de certaines dispositions administratives et juridiques où la Suisse exige davantage que les pays européens. Là, nous nous trouvons dans un domaine où cette formation duale, à laquelle presque tous les orateurs ont fait allusion, permet à notre formation et au travail fini, que nous vendons dans un paquet sur le marché, d'avoir une valeur supérieure à celle offerte sur des marchés étrangers. Ce supplément n'est évidemment pas gratuit pour l'employeur.
Contrairement à ce qui a été dit tout à l'heure par notre collègue Noser, je ne crois pas qu'on puisse affirmer aussi péremptoirement qu'il n'y a en quelque sorte plus aucun problème dans l'apprentissage et qu'il y a même des places d'apprentissage qui ne trouvent pas preneur. J'aimerais évoquer un phénomène récent, le dossier des pharmacies BENU, qui appartiennent à un groupe étranger qui a annoncé récemment ne plus vouloir former d'apprentis. Cela concerne une grande partie du marché de la Suisse romande. Il y a eu une levée de boucliers et l'argument mentionné par ce groupe de vente de produits pharmaceutiques a été la réduction des coûts, parce qu'évidemment il faut consacrer du temps et de l'énergie. Lorsque vous limez sur chaque centime, un apprenti a une valeur. Mais, lorsque le génie de la jeunesse ajouté à l'expérience des formateurs permet d'arriver à un bon produit, vous avez cette qualité suisse qui est appréciée bien au-delà de nos frontières.
N'ayons pas peur, pour une fois, de faire de ce "Swiss finish" une fierté et un atout de vente.
Puis on a vécu le 9 février 2014, et on sait que beaucoup de zones frontières subissent la pression sur les prix, on sait qu'il y a des problèmes avec les sous-traitants. Or si l'on ne favorise pas des entreprises qui investissent dans l'humain, quand est-ce que ce sera le moment, après ce que l'on vient de vivre et, surtout, avant ce que l'on va encore vivre?
C'est pour toutes ces raisons, et sans répéter ce qui a été dit par mes préopinants, que j'aimerais vous engager à entrer en matière sur ce projet issu de l'initiative parlementaire Lustenberger et à l'adopter dans la version de la commission qui a tenu bon, quelles que soient les appréhensions du Conseil fédéral par rapport à l'étranger.
Je dirai avec un petit peu d'humour, pour ne pas revenir sur la question de l'anniversaire de notre président, que les membres du Conseil fédéral ont des dossiers un petit peu plus difficiles à devoir défendre actuellement avec l'étranger que ce dossier-là, si on inclut la norme voulue par Monsieur Lustenberger. Ce sera un paquet qui montrera à l'étranger que la Suisse est fière d'être suisse avec ses valeurs.