Rime Jean-François · Nationalrat · 2013-03-12
Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2013-03-12
Wortprotokoll
En tant que président de l'Union suisse des arts et métiers et d'Industrie du bois suisse et industriel actif dans le domaine du bois, vous pensez bien que je suis sensible aux énergies renouvelables, aux économies d'énergie et à la création d'emplois.
Permettez-moi une remarque: Monsieur Glättli n'est malheureusement pas dans la salle. Il nous a parlé d'efficacité énergétique et, selon lui, il suffirait de remplacer un moteur qui a vingt ans par un nouveau moteur récent pour diminuer la consommation d'énergie dans des proportions importantes. J'ai tenté de réaliser l'exercice chez moi et je peux vous dire que cela ne marche pas, parce que le moteur est une chose, mais la technologie de la machine en est une autre. Vous faites une économie d'énergie si vous réduisez la puissance de la machine par un renouvellement de la technologie de la machine.
Revenons à notre sujet: Nous ne pouvons pas refondre notre politique énergétique trois fois en même temps. On a la Stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral, l'initiative cleantech 12.064 et l'initiative parlementaire 12.400 de la CEATE-CN dont nous allons parler jeudi.
La Stratégie énergétique 2050 est en train de poser les bases d'un changement de cap fondamental. Nous en attendons de nouvelles opportunités, de nouveaux marchés, une augmentation de l'efficacité énergétique et une production énergétique plus diversifiée. C'est un grand projet et un énorme défi aussi bien politique qu'économique.
Il serait faux de poursuivre plusieurs buts avec plusieurs moyens. La Stratégie énergétique 2050 répond à des objectifs bien plus ambitieux que ceux de l'initiative cleantech. Elle est plus complète, mieux coordonnée et bénéficie d'une large assise. Dans ce sens, je suis aussi contre l'idée d'élaborer un contre-projet à l'initiative, mais nous aurons l'occasion d'en reparler jeudi, lorsque nous traiterons de l'initiative 12.400 déposée par la CEATE-CN.
Permettez-moi de faire encore une ou deux remarques concernant cette initiative. On nous parle surtout de 100 000 emplois. Bien sûr, 100 000 emplois, cela paraît extrêmement attractif, mais je n'ai toujours pas compris où on allait créer ces emplois. Il est vrai que nos hautes écoles et nos écoles polytechniques fédérales vont probablement développer certains départements, mais il s'agit souvent de recherche fondamentale dont les résultats ne sont pas visibles à court terme. Pour ce qui est du reste, les panneaux solaires continueront à être produits en Chine, les grands projets hydroélectriques et les grands projets éoliens continueront à être soumis à la législation sur les marchés publics. Et vous savez ce que cela signifie: cela veut dire que la production des installations, et très souvent le montage seront assurés par des entreprises étrangères.
En conclusion, les mesures proposées par l'initiative cleantech amèneront une augmentation massive du prix de l'électricité, donc des pertes d'emploi dans l'industrie, et probablement, si tout va bien, des risques de pénurie et de coupures d'électricité.
Je vous demande de recommander le rejet de cette initiative cleantech et probablement aussi de ne pas soutenir le projet relatif à l'initiative parlementaire de la CEATE-CN 12.400.