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Maire Jacques-André · Nationalrat · 2013-03-12

Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-12

Wortprotokoll

Je rappelle tout d'abord mes liens d'intérêts: je suis coprésident de l'intergroupe parlementaire Cleantech et vice-président du conseil d'administration de Greenwatt SA. C'est dire si ces questions énergétiques me préoccupent depuis un certain temps déjà et que je suis bien conscient que les objectifs visés par l'initiative cleantech sont pertinents, mais qu'ils vont se heurter à des difficultés de mise en oeuvre. Tous les discours pessimistes que nous avons entendus ce matin sont bien là pour nous le confirmer: il faudra dépasser ce stade du pessimisme et des réactions figées sur des positions d'arrière-garde - je m'excuse, mais nous devons regarder en avant, les défis sont à relever.

C'est vrai, cette initiative a été lancée avant la catastrophe de Fukushima. C'est vrai, entre-temps, la Stratégie énergétique 2050 a été publiée. Mais tout cela montre que cette initiative avait un caractère tout à fait visionnaire quand elle a été lancée, parce que les objectifs qu'elle défend sont tout à fait convergents avec ceux de la Stratégie énergétique 2050; ils vont même plus loin, ils sont plus ambitieux, et c'est dans ce sens-là que cette initiative garde toute sa pertinence.

La semaine passée, nous avons adopté le plan d'action "Recherche énergétique suisse coordonnée". Nous avons vu selon quels axes il fallait chercher dans notre pays, et le premier axe, bien entendu, c'est l'efficacité énergétique. En effet, la meilleure source d'énergie renouvelable, c'est bel et bien l'énergie que nous ne dépensons pas, cette énergie économisée, en particulier dans le domaine des bâtiments. Or je m'étonne quand même d'entendre le président de l'USAM, tout à l'heure, nous dire qu'il ne voit pas où l'on peut créer des emplois. Mais prenons ce domaine-là, celui de l'efficience énergétique des bâtiments: il y a là un potentiel énorme d'emplois qui sont, me semble-t-il, bien connus de l'USAM. Ce sont précisément les artisans du bâtiment qui vont réaliser ces assainissements qui sont fondamentaux. Et puis, bien entendu, dans l'efficience énergétique, on travaille sur les appareils électriques, sur les chauffages, sur les moteurs à explosion que l'on veut rendre toujours plus efficaces.

Cela est absolument nécessaire pour parvenir aux objectifs visés par l'initiative, mais pas seulement; c'est aussi absolument nécessaire pour atteindre les objectifs de la Stratégie énergétique 2050.

Nous n'avons plus le choix, nous devons passer aux énergies renouvelables. Reste à savoir quand et à quel rythme. Et c'est là que l'initiative peut être un excellent coup de pouce, une stimulation pour que l'on avance plus vite, parce que les stocks vont s'épuiser, parce que les risques de réchauffement climatique, les risques d'accidents nucléaires sont malheureusement bien réels. Pour relever ce défi, nous devons prendre les bonnes options aujourd'hui. C'est ce qui a été démontré, non pas par le comité d'initiative, mais par l'Académie suisse des sciences naturelles qui juge ces objectifs tout à fait réalistes, pour autant que l'on prenne les bonnes options, pas demain ou après-demain, mais aujourd'hui. C'est aujourd'hui que nous devons prendre ces décisions. Bien sûr, cela exige d'importants investissements. C'est vrai. Il faut faire fonctionner le système économique.

C'est justement parce que cette initiative populaire a pour objectif de créer des emplois que son titre "De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables" est tout à fait justifié. Une étude publiée récemment par l'Office fédéral de l'énergie montre que 23 000 personnes travaillaient déjà directement dans les "cleantech" en Suisse en 2010 et qu'avec les sous-traitants, cela représentait 1,5 pour cent du [PAGE 213] PIB. Ce n'est pas négligeable! Mais surtout, cette étude montre qu'il y a un potentiel très important, un potentiel de croissance de l'ordre de 2,9 pour cent en croissance annuelle. Donc, le discours économique doit évoluer, me semble-t-il; il doit prendre en compte cette initiative, son objectif, parce que ces emplois - on les estime à plus de 100 000 - sont bien réels. Nous pouvons les développer, en créer de nouveaux en soutenant cette initiative et, bien entendu, en approuvant également toute la Stratégie énergétique 2050.

Je vous remercie de donner aujourd'hui un signal clair en recommandant au peuple et aux cantons d'accepter l'initiative populaire "De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables".