Levrat Christian · Nationalrat · 2011-09-20
Levrat Christian · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-09-20
Wortprotokoll
Le paquet sur lequel nous nous prononçons a eu une genèse difficile, c'est connu. Durant des mois, le Conseil fédéral a d'abord refusé de reconnaître l'intensité de la crise; ensuite, il s'est muré dans le silence; enfin, il a fini, à la mi-août, par annoncer qu'il prévoyait 2 milliards de francs pour soutenir l'industrie d'exportation et le tourisme. Aujourd'hui, nous nous prononçons sur une première étape de 870 millions de francs environ.
Le groupe socialiste va soutenir ces mesures, car elles permettent d'alléger un peu la pression sur les entreprises concernées. Mais elles ne suffiront pas, et il faudra réviser très rapidement la loi sur les cartels, changer de système, changer de logique dans cette loi et interdire tous les cartels, les exceptions devant être réglées explicitement. Il s'agit de poursuivre nos efforts en matière de politique monétaire et, comme nous vous le proposons dans le projet dont il est question aujourd'hui, de soutenir de manière plus ciblée les entreprises des branches concernées.
J'aimerais surtout dire ici quelques mots sur les positions, sur les contorsions, devrais-je dire, de nos adversaires. Ce que nous avons entendu auparavant de la part de Monsieur Zuppiger, c'est une politique de la résignation. C'est un fétichisme de marché. C'est le mantra répété presque à l'infini par quelques économistes vaudou néolibéraux.
Une proposition de renvoi qui émane du groupe UDC a été déposée. Elle nous fait penser au programme économique du Tea Party américain, au programme économique de Sarah Palin. C'est à croire que quelques membres du groupe UDC ont l'impression qu'en abaissant le taux de la taxe sur la valeur ajoutée, on soutient de manière ciblée les entreprises en difficulté. Il est pourtant simple de comprendre qu'une baisse d'impôt généralisée revient à arroser l'ensemble de l'économie, à soutenir de manière indiscriminée aussi bien les entreprises en difficulté que ceux à qui profite la crise à laquelle nous sommes confrontés: les grands importateurs, le commerce de détail; ce sont eux qui profitent de la force du franc.
Le PDC est appelé aujourd'hui à clarifier sa position. Nous avons assisté, au cours des dernières semaines, à une danse étrange du PDC. D'un côté son président et son chef de groupe qui expliquaient dans le public à quel point il était nécessaire de soutenir les efforts du Conseil fédéral; et, d'un autre côté, la délégation du groupe PDC dans les commissions compétentes qui s'opposait avec obstination à ce projet. [PAGE 1530]
C'est un projet important, un projet déterminant, qui permet de savoir qui doit payer la crise: est-ce aux salariés de le faire ou est-ce aux gens qui l'ont causée? Il est inquiétant de voir, à ce titre, un des partis gouvernementaux ne pas arriver à se déterminer et se lancer dans une valse-hésitation qui, je l'espère, prendra fin aujourd'hui avec une position lisible et compréhensible. Nous sommes redevables à notre population d'une position claire; nous sommes redevables à notre population d'une réponse à la question de savoir si nous sommes du côté des salariés ou si nous sommes, à l'inverse, du côté des spéculateurs, du côté des importateurs, du côté des profiteurs de la situation à laquelle nous sommes confrontés. Certains de mes préopinants se sont rangés du côté des profiteurs: c'est leur droit. Pour notre part, nous resterons du côté de la population et des salariés.