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Frey Claude · Nationalrat · 2001-11-16

Frey Claude · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-11-16

Wortprotokoll

Ainsi, nous y voilà, nous ne pouvons pas tomber plus bas! Nous sommes un Parlement fantoche. Nous sommes devenus une Chambre d'enregistrement. Et cet après-midi, nous allons faire semblant d'examiner un arrêté fédéral. Nous allons faire semblant d'utiliser le frein aux dépenses; mais il n'y a plus de frein. Bref, nous allons jouer au monopoly. Avec une différence, c'est que les milliards ne sont pas un papier du monopoly; ce sont des milliards de francs qui seront pris en particulier aux contribuables.

A la Délégation des finances, je veux dire simplement: elle estime par un juridisme étroit qu'elle n'avait pas de limites. C'est oublier qu'en politique comme dans la vie, il y a toujours la limite du bon sens, de la décence et de l'éthique. Mais il faut croire que lorsque Zurich est concernée, toutes les erreurs, toutes les errances, toutes les outrances sont possibles.

Sur le fond: Swissair et ce débat vont laisser des traces politiquement durables dans le pays. Parce qu'après le crash, les avions cloués au sol, qu'a-t-on vu? L'irresponsabilité! Nous avons vu les responsables - le conseil d'administration en particulier - qui se sont mis aux abonnés absents. Ils se sont dits libres par beau temps; ils se sont comportés en irresponsables dans la tempête. Une galerie d'autistes! Une galerie d'autistes qui a continué à vaquer à ses occupations comme si de rien n'était.

Comme libéral profondément, je suis en colère quand je vois que le libéralisme est exercé dans l'irresponsabilité, pire dans l'absence même de la conscience, de la responsabilité. Et puis il y a la colère quand je vois qu'on veut s'en sortir en prenant l'argent de l'Etat. Les libéraux de beau temps se tournent dans la tempête vers l'Etat. On veut supprimer de l'argent qu'on n'a pas encore - c'est les abattements fiscaux. On veut, par le vice-président de Swissair, subventionner le plan social en prenant l'argent dans la nouvelle société.

Je conclus, puisque je n'ai que trois minutes: nous nageons dans l'arbitraire le plus total. Dans la confusion qui règne, on oublie l'ordre de grandeur. Avec tous les passifs compressés, dans la société en sursis concordataire et dans les nouvelles, avec tous ces capitaux passifs compressés, nous pourrions nous acheter trois compagnies aériennes plus Lufthansa, plus le 80 pour cent d'Air France!

Est-ce bien raisonnable? La certitude, c'est que nous allons le payer. Ce seront les contribuables qui paieront; les bénéficiaires des caisses de pension qui ont placé dans ces bons de caisse qui étaient sûrs, dans ces obligations de Swissair. Ce qui est sûr, c'est que nous allons devoir faire tous azimuts des économies dans tous les départements et que ce seront les régions périphériques qui paieront. Cela, je ne le veux pas. Je vous demande de ne pas entrer en matière!