AB 163503
Seydoux-Christe Anne · Ständerat · Jura · Fraktion CVP-EVP · 2014-03-11
Wortprotokoll
Il faut rappeler que l'infertilité est un problème connu par près d'un quart de la population mondiale, et qu'environ 15 pour cent de la population en âge de reproduction aura recours à une procréation médicalement assistée. Ce n'est donc pas un problème à prendre à la légère; il doit être traité. Or, il apparaît que l'infertilité résulte souvent d'anomalies chromosomiques numériques qui empêchent la nidation de l'embryon atteint ou qui entraînent une fausse couche due à la mort prématurée de cet embryon. Nous avons donc affaire à une situation où des femmes ont subi plusieurs fausses couches ou plusieurs cycles de fivète infructueux.
Il faut tout de même rappeler que, en réalité, moins de 1 à 2 pour cent des aneuploïdies, donc des aberrations chromosomiques numériques notamment, aboutissent naturellement à une naissance, parce que la nature les élimine au cours de la grossesse. L'élimination de ces aberrations chromosomiques se fait donc dans un premier temps très largement naturellement. Dans ce contexte - il faut bien avoir cela à l'esprit -, le dépistage des aneuploïdies a pour but, d'une part, de transférer un embryon qui sera apte à s'implanter et à se développer normalement chez une patiente qui a subi différentes fausses couches en raison d'aberrations chromosomiques et, d'autre part, on l'a déjà dit, d'éviter des grossesses multiples en ne transférant qu'un seul embryon.
J'ai abordé ce point avec le professeur de Ziegler, qui est chef de l'unité d'infertilité du centre de procréation médicalement assistée de l'hôpital Cochin à Paris. Il m'a fait une remarque sur laquelle je souhaite revenir, à la lumière des propos de Monsieur Gutzwiller sur le jour où l'on pratique la biopsie, soit lorsque l'embryon est constitué de quatre à huit cellules - à J3 -, ou un peu plus tard - à J5. Dans le message, à la page 5272, il est écrit que "des sociétés spécialisées renommées - la European Society of Human Reproduction and Embryology notamment - déconseillent ... d'effectuer un dépistage des aneuploïdies", dans la mesure où celui-ci contribuerait plutôt à faire diminuer qu'augmenter le taux de réussite de la fécondation in vitro.
Selon le professeur de Ziegler, il s'agit de résultats qui ont été obtenus après des biopsies effectuées certainement à J2 ou J3, qui se sont avérées traumatiques pour les zygotes. A l'heure actuelle, les biopsies sont effectuées sur des blastocystes à J5. La situation s'est améliorée. Lorsque l'on lit le message, on se demande pourquoi faire un screening des aneuploïdies puisque de toute façon cela ne sert à rien, cela n'améliorant pas le taux de réussite de la fécondation in vitro. Or, avec des biopsies à J5, le taux de réussite de la fécondation in vitro pour les couples infertiles est amélioré.
En pratiquant le screening des aneuploïdies, il ne s'agit pas d'éliminer des aberrations, mais de parvenir à implanter enfin un embryon, qui pourra suivre un développement normal au cours d'une grossesse et aboutir à une naissance.